Premier baromètre des villes "marchables" : en Île-de-France, Paris à la traîne, Sceaux en tête

Le collectif Place aux piétons, qui a réalisé le premier baromètre national des villes «marchables», a dévoilé les résultats du questionnaire mis en ligne en début d’année.
Des clients font leurs courses dans les magasins alimentaires de la Rue des Martyrs, à Paris le 11 avril 2020.
Des clients font leurs courses dans les magasins alimentaires de la Rue des Martyrs, à Paris le 11 avril 2020. © Photo / Julie Limont / Hans Lucas / AFP

C’est le premier du genre. Avec le soutien de l’Agence de la transition écologique (ADEME), le collectif Place aux piétons, réunissant plusieurs associations – 60 millions de piétons et Rue de l’Avenir – et la Fédération française de randonnée a sorti le premier baromètre national des villes "marchables".

Du 7 décembre 2020 au 15 mars 2021, 68 510 personnes – dont 8 744 franciliens – ont participé en ligne à cette grande enquête sur l’adaptation des villes aux besoins des piétons, s’inspirant du sondage déjà réalisé sur les pistes cyclables par les associations de cyclistes.

Les notes de l’Île-de-France

Au total, 45 communes d’Île-de-France figurent dans le baromètre des 200 villes évaluées par les "répondants". Ces derniers semblent d’ailleurs ne pas avoir été tendres avec la région francilienne en lui attribuant une note moyenne de 8,7/20 en termes de ressenti global des marcheurs. Cela équivaut à un D, une note "moyennement favorable", mais en-dessous de la moyenne nationale qui est à 9,20. Paris ne récolte qu’un 8,56/20. C’est la commune de Sceaux (dans les Hauts-de-Seine) qui a récolté la meilleure note d’Île-de-France – des villes de plus de 20 000 habitants – du baromètre avec 13,24/20.

Les coulisses du succès de Sceaux

"Sceaux est la première ville d’Île-de-France à avoir consacré sa rue commerçante aux piétons", nous confie Patrice Pattée, adjoint au maire de Sceaux en charge de l’espace public et des mobilités. "Nous avons un crédo dans notre politique : les espaces piétons sont sanctuarisés pour le piéton. Cette rue piétonne en est une figure emblématique. On se bat également avec force pour que le trottoir demeure accessible pour les piétons même en temps de travaux", ajoute-t-il.

Nous avons un crédo dans notre politique : les espaces piétons sont sanctuarisés pour le piéton.

Patrice Pattée

La ville dispose par ailleurs de grands espaces parfaits pour la marche, tel le domaine de Sceaux – d’une superficie de 1,81 km² - ou encore celui de la Coulée verte. "Depuis 2006, la limitation de vitesse dans la ville est à 30km/h, et également sur les routes départementales depuis le 1er avril de cette année. Elle est de 20km/h à proximité des crèches et des écoles. Cela fait que la rue est devenue une zone de rencontre", poursuit Patrice Pattée, estimant que les habitants de la commune apprécient "la qualité des cheminements piéton, les zones de rencontre, le fait qu'on puisse marcher dans la rue". Il ajoute par ailleurs que "du fait que la circulation motorisée soit très apaisée dans la ville, le niveau de bruit est bas. Et c'est très agréable quand on est piéton".

Paris, un peu à la traîne

A l’inverse, comment expliquer la note attribuée à Paris, alors que des efforts sont entrepris par la mairie pour améliorer le quotidien des piétons ?  "Quand on démarre ce genre d'initiative, il faut s'attendre à ce que presque tout le monde soit mauvais", relativise de son côté Denis Cheminade, chargé de mission au sein de la Fédération française de randonnée, rappelant par ailleurs que "Paris est la ville la plus dense du monde. Celle où l'espace public est le plus disputé. Donc elle s'en tire bien avec 8,5 alors que la moyenne nationale est de 9,20".

"Ce baromètre est le premier en son genre. C'est un état des lieux", estime le chargé de mission. "Ce qui va être intéressant à observer, c'est si l'expérience est renouvelée dans deux ans. Elle permettra de voir si les perceptions ont évolué et dans quel sens", poursuit-il.

Des notes basées sur quels critères ?

Les piétons qui ont participé à cette enquête ont répondu à un questionnaire comptant une quarantaine de questions sur cinq thématiques : 

"Le baromètre des villes marchables est un questionnaire d’opinion (…) un sondage qui interroge des répondants volontaires sur leur ressenti en tant que piétons", rappellent les auteurs de l’étude. "En fonction des réponses, on a calculé des indices, qu'on a transformé en note sur vingt pour chaque ville. Celles-ci ont ensuite été réparties en huit classes, allant de 'très défavorable', qui correspondent en général à des villes industrielles ou des grosses agglomérations, à 'très favorable/exccellent' qui correspondent elles à des petites villes ou des villes pavillonnaires", conclut Denis Cheminade.

 

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