Racisme anti-asiatique : un appel à "agresser chaque Chinois" circule sur les réseaux sociaux

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « provocation publique à commettre une atteinte à l’intégrité physique d’une personne à caractère raciste ». Les investigations ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

 
Depuis plusieurs jours, des messages haineux à l'encontre de la communauté asiatique ont refait surface sur les réseaux sociaux. Des incitations à l'agression, et aux insultes. Une nouvelle fois la communauté asiatique, et en particulier chinoise, en Ile-de-France est menacée. L’Association des jeunes chinois de France (AJCF) a dénoncé jeudi dernier cet appel à l’agression dans une publication sur sa page Facebook. "Les messages haineux et d'incitation à la violence se multiplient. De ce fait, le collectif Sécurité pour tous et l'AJCF lancent L'ALERTE GÉNÉRALE contre ce qui s'apparente à une incitation à la chasse aux Asiatiques de France", pouvait-on lire.

La publication avait également évoqué les mesures à prendre. "Si vous êtes asiatique, prenez les précautions maximales. Si vous n'êtes pas asiatique, veillez sur votre prochain. Si vous êtes victime ou simple témoin de comportement ou de propos répréhensibles, il FAUT porter plainte et/ou le signaler à une association de notre collectif. Sans plainte, il n'y a officiellement aucun délit, crime ou même victime", indiquait-elle.

Régulièrement visée

Selon nos confrères du Figaro, les tweets les plus virulents n'étaient plus visibles et des comptes ont été suspendus le dimanche au matin.

"Ce qui est inédit, c’est que ce sont des appels à la discrimination et à la violence intercommunautaire : d’une communauté à une autre", explique Galina Elbaz, avocate et membre du bureau exécutif de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme), contactée par France 3 Paris Ile-de-France.

La communauté asiatique est accusée par certains d’être à l’origine de la propagation de la Covid-19 et par conséquent de la circulation du virus en France. Déjà en mai dernier, l’ONG internationale Human Rights Watch publiait sur son site : « Le Covid-19 attise le racisme anti-asiatique et la xénophobie dans le monde entier ».

Encore plus tôt, un hashtag #jenesuispasunvirus avait été lancé fin janvier dernier pour dénoncer le racisme anti-asiatique lié à l’épidémie de coronavirus.

"Il y avait déjà, avant même l’épidémie de Covid-19 en France, une haine envers la communauté asiatique qui s’était développée ces dernières années avec plusieurs atteintes physiques aux personnes d’origine asiatique", raconte Galina Elbaz. Ce racisme s'est par exemple vu dans l'assassinat de Zhang Chaolin, épicier de 49 ans, agressé par trois personnes en Seine-Saint-Denis (et décédé de ses blessures) en août 2016. 

"La Covid et, peut-être, la crise avec les Ouïghours favorisent l’idée que les Chinois sont des agresseurs, etc. », poursuit la membre de la Licra, ajoutant qu’"on a l’impression que l’asiatique c’est le bouc-émissaire des temps modernes" et que "le racisme anti-asiatique se manifeste comme l’antisémitisme : par des atteintes directes physiques aux personnes".

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "provocation publique à commettre une atteinte à l’intégrité physique d’une personne à caractère raciste". Les investigations ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).
 
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