Sept communes d’Île-de-France prennent des arrêtés pour interdire la vente de gaz hilarant aux mineurs

Le protoxyde d'azote est de plus en plus prisé par les jeunes à des fins récréatives. Plusieurs villes ont décidé d'en interdire la vente aux mineurs en raison de ses effets secondaires.
Entre 2017 et 2019, 66 cas d'intoxications ont été recensés.
Entre 2017 et 2019, 66 cas d'intoxications ont été recensés. © BELPRESS/MAXPPP
Plusieurs communes ont décidé d’agir. Face à la popularité grandissante du protoxyde d’azote, le gaz hilarant, notamment chez les publics les plus jeunes, de nombreuses villes d’Île-de-France ont décidé de prendre des arrêtés en interdisant la vente aux mineurs. Aulnay-sous-Bois en Seine-St-Denis, Vincennes et Périgny dans le Val-de-Marne, Brunoy en Essonne, Coignières, Verrière et Maurepas dans les Yvelines ont décidé d’intervenir.

Dans le détail, le gaz est détourné de sa fonction première à des fins récréatives. A la base utilisé pour les siphons de chantilly et vendu dans le commerce sous forme de cartouches, le protoxyde d’azote est reconditionné dans un ballon de baudruche avant d’être inhalé. Ceux qui le respirent basculent dans un état d’euphorie et ne peuvent résister à l’envie irrépressible de rire. L’effet ne dure pas plus d’une minute.

66 intoxications entre 2017 et 2019

La pratique se développe de plus en plus chez les jeunes de 20 à 25 ans. Ainsi, selon une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) publiée début juillet, 66 intoxications ont été constatées entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2019 par les centres antipoison.

La consommation du gaz hilarant n’est pas sans risque. Toujours selon l’étude, sur les 66 cas d’intoxication, 42 affichaient un symptôme neurologique tels que des tremblements ou des fourmillements). Cinq sujets présentaient des symptômes importants comme des convulsions.

"Un des patients avait fait un arrêt cardio-respiratoire avec découverte d’une pathologie cardiaque lors de son hospitalisation. Deux autres avaient présenté des épisodes de convulsions, avec pour l’un, un coma et des myoclonies (contractions musculaires rapides involontaires). Enfin, les deux derniers patients avaient consommé du protoxyde d’azote de façon chronique (dizaine à quarantaine de cartouches par jour) et présentaient des symptômes neurologiques", rapporte l'Anses.

Une proposition de loi du Sénat

Les risques sont importants. En 2018, un jeune homme de 19 ans a trouvé la mort après avoir respiré du gaz hilarant. L’Agence insiste alors pour la réglementation de la vente du protoxyde d’azote et souhaite miser sur la pédagogie et la communication afin d’alerter les plus jeunes sur les dangers liés à l’inhalation du gaz hilarant.

De plus en plus de démarches sont alors entreprises pour empêcher le développement de la pratique. En plus des communes citées plus haut, Saint-Denis souhaiterait également prendre un arrêté interdisant la vente du protoxyde d’azote aux mineurs. La ville de Paris avait quant à elle saisi la Mission métropolitaine des conduites à risques pour étudier la réalisation d'une campagne de prévention auprès des 13-15 ans. En décembre 2019, le Sénat a adopté à l’unanimité une proposition de loi visant à interdire la vente du gaz aux mineurs, également sur les sites de commerce en ligne. Celle-ci prévoit notamment une amende de 3 750€ en cas de non-respect de l’interdiction. Mais le texte n’a toujours pas été débattu à l’Assemblée nationale.
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