L'hôpital public descend dans la rue pour réclamer un traitement de choc

Manifestation du personnel hospitalier à Paris le 26 septembre 2019 / © Sameer Al-Doumy / AFP
Manifestation du personnel hospitalier à Paris le 26 septembre 2019 / © Sameer Al-Doumy / AFP

L'hôpital public est à bout de souffle. Des médecins aux aides-soignantes, des doyens aux étudiants, le personnel hospitalier manifeste aujourd'hui pour exiger davantage de moyens et d'effectifs. Le cortège parisien partira de Port-Royal à Paris à 14 heures pour se rendre aux Invalides.

Par EH/AFP

L'appel à une "grande manifestation", lancé il y a un mois par le nouveau collectif Inter-Hôpitaux, a fait le plein de soutiens. A commencer par le collectif Inter-Urgences, à l'origine d'un mouvement social inédit, débuté en mars à Paris et qui s'est étendu à tout le pays, avec encore 268 établissements touchés lundi.

Qui sont les manifestants?

Fait rare, tous les syndicats de la fonction publique hospitalière s'y sont ralliés, en particulier la CGT, FO et la CFDT, qui peinent tant à s'accorder sur d'autres sujets au niveau national.

►Chez les praticiens, les anesthésistes du Snphare tablent sur "une mobilisation historique", tandis que les gynécologues du Syngof ont "préparé la grève en évitant toute programmation de soins non urgents".
 ►Du côté des étudiants, les carabins de l'Anemf et les futures sages-femmes de l'Anesf ont rejoint le mouvement, avec la bénédiction des doyens de médecine, qui ont décrété une "journée sans activités dans toutes les facultés".
 ►Leurs aînés en internat, indispensables au fonctionnement des services hospitaliers, sont pour leur part consultés par leur intersyndicale (Isni) sur une possible grève "totale et illimitée à partir du mardi 10 décembre".
 ► L'inquiétude remonte jusqu'aux pontes des commissions médicales d'établissements (CME), qui évoquent un "état d'urgence républicaine".
 ►Même l'Ordre des médecins "comprend ce désarroi" dû à "des conditions de travail toujours plus difficiles" et attend "une réponse à la hauteur des enjeux".
 
 

Augmentation des salaires, hausse des effectifs et réouverture des lits supprimés

Les revendications sont les mêmes depuis le départ. Matignon qui est en ligne de mire n'a pas réussi à désamorcer le conflit. Agnès Buzyn, la ministre de la Santé a promis en réponse un "plan de soutien" qui mettra l'accent sur "un meilleur investissement courant" et "la revalorisation des salaires, notamment en début de carrière".  Mais la ministre a déjà échoué par deux fois à sortir de ce conflit: ni la prime mensuelle de 100 euros versée depuis juillet, ni le plan de "refondation" annoncé en septembre n'ont suffi à faire baisser la tension.

En plein examen du budget 2020 de la Sécu par la chambre haute, les débats se polarisent sur la hausse des dépenses de santé, pour l'heure limitée à 2,1% à l'hôpital, quand les grévistes réclament le double.

Emmanuel Macron détient le clefs de cette impasse. Il a estimé fin octobre qu'"il va falloir qu'on remette des moyens, parce qu'il faut qu'on réponde à la souffrance des personnels de santé".
    
 

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