Incendie de Notre-Dame : une association dépose plainte, dénonçant la pollution au plomb

L’association Robin des Bois déplore que les dépistages des enfants du quartier aient été insuffisants et s'interroge sur la décision de reconstruire à l'identique et avec les mêmes matériaux, la cathédrale gothique.

Deux ans après l'incendie de Notre-Dame de Paris, l'association de défense de l'environnement Robin des Bois a déposé une plainte avec constitution de partie civile pour "mise en danger de la vie d'autrui", a indiqué Me Jean-Christophe Tymoczko, l'avocat de l'association.         

Pour l'association, "enclencher une enquête sur les conséquences sanitaires et environnementales de l'incendie", et en particulier celles liées aux poussières de plomb émises lors du sinistre d'avril 2019, relève de l'"obligation", explique son président, Jacky Bonnemains.

Pour lui, les dépistages des enfants du quartier ont été trop peu nombreux et trop tardifs, "c’est seulement en septembre 2019 que plusieurs écoles, 6 ou 7 ont été décontaminées". La réouverture du parvis de la cathédrale, le 31 mai 2020, après un nettoyage à haute pression, était "prématurée". "Le parvis a été ouvert puis fermé puis rouvert, il y a eu tout un ensemble de négligences, d’occultation de l’information", précise-t-il à France 3 Ile-de-France.

Une première plainte déposée en 2019

En août 2019, quatre mois après l'incendie, l'association avait déjà déposé une plainte simple pour le même motif, mais elle a été classée sans suite en décembre 2020. Le procureur de la République avait fait notamment valoir que l'intoxication au plomb "intervenant essentiellement par voie d'ingestion", la seule présence de ce métal lourd dans l'environnement "ne signifiait pas que les travailleurs et les riverains (...) couraient un danger tangible de saturnisme".

Il ajoute que les préconisations de l'Agence régionale de santé Ile-de-France (ARS) centrées sur un "désempoussiérage/dépollution" dans les zones fréquentées par de "très jeunes enfants paraissaient adaptées à la situation".

Avec cette nouvelle plainte avec constitution de partie civile. L’association espère obtenir l’ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge d'instruction. "Le procureur de la République, est comme on le sait, un magistrat non indépendant, il n’a pas forcément les mêmes facultés et les mêmes libertés pour enquêter. Je pense qu’un doyen des juges, un juge indépendant, d’instruction aura toute possibilité de le faire", souligne Me Jean-Christophe Tymoczko.

"On reprend les matériaux dont l'association a été catastrophique dans l'incendie, la charpente en bois ayant propagé le feu aux feuilles de plomb",

Jacky Bonnemains

Outre la plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui", un autre point inquiète l'association Robin des Bois, ainsi que celle des familles victimes du saturnisme (AFVS), et le Conseil de la ville de Paris : la décision de reconstruire à l'identique et avec les mêmes matériaux la cathédrale gothique, restaurée au XIXe siècle par Viollet-le-Duc.

"On reprend les matériaux dont l'association a été catastrophique dans l'incendie, la charpente en bois ayant propagé le feu aux feuilles de plomb" qui fondent à faible température, rappelle Jacky Bonnemains. Même en temps normal, le plomb disperse facilement des poussières sous l'effet de l'érosion, précise-t-il.

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