Jeux Olympiques : les défis à relever avant les JO de Paris 2024

Alors que le drapeau olympique est arrivé ce lundi sur le sol français, Paris a repris le flambeau pour organiser les prochains Jeux à l'été 2024. Budget, infrastructures, promesses… Au-delà du sport, de nombreux enjeux entourent le projet.

Trois ans, et des défis importants à relever. Festivités lancées en compagnie des médaillés français, survol de la capitale par la patrouille de France, concert… Tandis que Paris a repris symboliquement le relais de Tokyo à l’occasion de la cérémonie de clôture organisée dimanche, le drapeau olympique est arrivé ce lundi sur le tarmac de l’aéroport Roissy - Charles de Gaulle. La délégation française a ensuite pris la direction de l'Hôtel de Ville, pour y hisser le fameux drapeau.

"Je suis déterminé comme jamais, avait annoncé dimanche Tony Estanguet, le président du comité d’organisation de Paris 2024. Les trois prochaines années vont être un marathon mais aussi une grande fierté." La nouvelle olympiade est en effet synonyme de nombreux enjeux, à commencer par les infrastructures qui accueilleront l’événement.

Si 95% des sites olympiques existent déjà (comme par exemple le Stade de France ou bien le Vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines), il reste toutefois des équipements à construire, principalement en Seine-Saint-Denis. Un investissement qui s’élève à 1,3 milliard d’euros pour les nouveaux projets. 

Parmi les chantiers, on peut citer le site d’escalade du Bourget, le centre aquatique à Saint-Denis, et, du côté de Dugny, le village des médias. Ce dernier devra héberger 2 800 techniciens et journalistes, qui auront aussi à disposition un centre pour travailler au Parc des expositions du Bourget. A terme, 1 300 logements verront le jour, au sein d’un projet urbanistique censé lier le Bourget, Dugny et La Courneuve.

Autre pôle : le village des athlètes, conçu comme un trait d’union entre Saint-Ouen, Saint-Denis et l’Île-Saint-Denis. Le site, prévu pour 14 000 athlètes, doit être transformé après les Jeux en 2 200 logements familiaux, 900 logements étudiants, et des équipements publics.

"Ça avance plutôt très bien, tous les voyants sont au vert, assure Michaël Aloïsio, directeur de cabinet au comité d'organisation des Jeux de 2024. On a la chance d’avoir un modèle très différent des éditions précédentes. On construit très peu. Et les rares équipements qu’on construit avancent bien. Et puis il y a aussi des équipements temporaires comme le Grand Palais éphémère qui accueillera le judo et la lutte, et qui est déjà livré."

Certains projets suscitent néanmoins des contestations locales. A Aubervilliers, une futur centre aquatique d'entraînement provoque la polémique : la piscine doit en effet empiéter sur les parcelles d’un jardin ouvrier.

"On a essayé de construire un projet utile à la Seine-Saint -Denis"

Du côté du comité d’organisation des Jeux, Michaël Aloïsio met toutefois en avant un projet pensé pour "accélérer le développement local". "Avant d’être candidat, on a passé un an à étudier ce qui avait marché et moins bien marché lors des éditions précédentes, explique-t-il. On a construit un projet radicalement différent. On a essayé de construire un projet utile à la Seine-Saint-Denis. On veut que chaque équipement soit construit d’abord pour les gens et pas pour les Jeux. On veut qu’ils aient une utilité locale. On veut que chaque euro investi serve à la population."

Piscines supplémentaires, logements, équipements routiers… Le directeur de cabinet au comité d'organisation des Jeux de 2024 promet un "héritage durable". "On a encore beaucoup d’étapes, ajoute-t-il. On va annoncer dans quelques mois toute la partie liée au recrutement des volontaires, qui intéresse beaucoup de Français. Il y a un engouement très fort. Ensuite ça sera les annonces sur le parcours de la flamme, la mascotte… Beaucoup de choses vont se passer pendant trois ans. Les Jeux ne commenceront pas juste à l’été 2024, ça commence maintenant."

En Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, le président du département, compte ainsi sur des retombées positives en termes d’"attractivité". "On estime que sur les 150 000 emplois mobilisés, il y en a un tiers pour la Seine-Saint-Denis", explique-t-il à franceinfo.

Le budget du comité d’organisation des Jeux (...) est financé à près de 98 % par des fonds privés.

Michaël Aloïsio, directeur de cabinet au comité d'organisation des Jeux de 2024

Quant aux sommes investies, face au risque de dérapages souvent provoqués par des projets tels que les Jeux, Michaël Aloïsio se veut rassurant : "Il y a deux budgets, et souvent on les confond. Celui du comité d’organisation des Jeux, qui est de 3,9 milliards d’euros. C’est financé à près de 98 % par des fonds privés. Un tiers vient des droits télé, des partenaires du CIO. Un autre tiers de la billetterie. Et un dernier tiers des partenaires nationaux de Paris 2024. Ce budget finance tous les coûts directement liés au Jeux : la cérémonie, le transport des athlètes, le terrain de beach volley au pied de la tour Eiffel..."

"Et ensuite, des acteurs publics investissent pour capitaliser sur l’élan des Jeux pour accélérer le développement de territoires, poursuit-il. Là, c’est le budget de la société de livraison des ouvrages olympiques chargée des chantiers (Solideo) qui va permettre de sortir le village."

Reste la question des transports, liée à l’ambitieux projet de "supermétro automatique régional" porté par le Grand Paris Express (GPE). Le chantier ayant pris du retard notamment en raison de la pandémie, la mise en service des tronçons olympiques des lignes 16 et 17, prévue initialement pour les JO, a été reportée. La première partie de la ligne 16,  de Saint-Denis Pleyel à Clichy-Montfermeil, sera en effet livrée avec deux ans de retard.

Pour ce qui est du sport, le calendrier des épreuves est déjà fixé. Les athlètes devront en effet concourir du 26 juillet au 11 août 2024.

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