La clinique Turin à Paris paralysée par une grève, des patients transférés

Les salariés de cette clinique privée à Paris sont pour la plupart en grève. Le personnel dénonce des conditions de travail "calamiteuses". Une quinzaine de patients a dû être transférée vers d'autres établissements.
Les opérations chirurgicales ont été déprogrammées. (Illustration)
Les opérations chirurgicales ont été déprogrammées. (Illustration) © BERTRAND GUAY / AFP

Depuis mardi, il n'y a plus de soins dans cette clinique privée situé dans le VIIIe arr., non loin de la gare Saint-Lazare. Infirmiers, aides-soignants, brancardiers... 80 % du personnel est en grève, soit environ 250 salariés sur 300 au total et l'activité médicale y est "complètement paralysée", selon Natacha Toch, déléguée CFDT.

Activités médicales paralysées

Toutes les interventions chirurgicales ont été déprogrammées, a confirmé une porte-parole de la direction de la clinique, où une centaine de patients est opérée chaque jour en temps normal. Près de 15 malades, qui avaient été hospitalisés avant leur opération prévue, ont été transférés vers d'autres établissements, a ajouté la direction ou ont vu leur opération chirurgicale reportée.

Le ras-le bol des soignants

"On n'en peu plus", répète Mégane Villagra une infirmière en chirurgie orthopédique, au micro de France 3 Paris Île-de-France. Les grévistes réclament de meilleures conditions de travail, un "encadrement bienveillant" et le remplacement des postes vacants. Les infirmières, qui enchaînent des journées de 12 heures, sont débordées au point de "ne même pas pouvoir prendre une pause pipi ni manger à midi", selon Natacha Toch, qui dénonce en outre des "managers de proximité qui terrorisent le personnel".

On n'en peut plus du manque de personnel

Mégane Villagra, Infirmière gréviste

"On manque cruellement de personnel. Des fois, on a même plus d'infirmières. On est sans cesse trimballer d'un service à un autre. Dans une même journée, on peut aller dans 3 services différents", s'insurge une gréviste. "On en peut plus du manque de personnel. Cela me pèse car on aime notre métier", poursuit-elle.

Autre grief envers la direction : la vétusté et la dangerosité des locaux. "Les locaux sont défraîchis. Il faudrait des travaux et pourtant les chambres sont chères. Les patients ne comprennent pas", explique encore cette infirmière.

Le bâtiment est en phase terminale

Polito Michele, représentant du personnel en grève

Polito Michele, infirmier et représentant du personnel évoque la présence d'amiante, de légionelles. "C'est extrêmement dangereux pour des patients immunodéprimés", affirme-t-il soulignant le manque d'investissement de la clinique.

La direction se dit consciente et ouverte à la discussion

La direction dit "comprendre parfaitement l'épuisement des soignants après leur engagement sans faille contre le Covid", reconnaissant la pénurie de personnel et des dysfonctionnements organisationnels.

La "pénurie de personnels soignants" est réelle, mais "c'est malheureusement le cas partout", du fait de difficultés à recruter, a-t-elle ajouté insistant sur le fait que "le dialogue social existe" dans cette clinique et que "la porte du directeur est ouverte".

Concernant l'état du bâtiment, Aurélien Thiouard, le directeur de la clinique reconnait "qu'il y a des choses à faire" et affirme avoir présenté un plan d'investissement aux représentants du personnel.

Selon les syndicats, la colère du personnel aurait en outre été ravivée par des informations selon lesquelles la direction du groupe Almaviva Santé, propriétaire de la clinique Turin et d'une quarantaine d'autres établissements en Île-de-France, en région Paca et en Corse, aurait l'intention de vendre l'entreprise à  "des fonds d'investissements privés américains". 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
santé société mouvement social économie social