Le Centre Pompidou va fermer pour un grand lifting de plus de trois ans

Alors que tous les musées sont toujours fermés en raison de la crise sanitaire, le Centre Pompidou annonce une fermeture totale à partir de 2023 pour une durée de trois ans. 

© PATRICK KOVARIK / AFP

Lorsque le Centre Pompidou rouvrira, ce ne sera pas pour très longtemps. La ministre de la Culture Roselyne Bachelot a confirmé la fermeture totale du bâtiment dès 2023, afin d'effectuer de très lourds travaux de rénovation. 
Le musée inauguré en 1977 est dédié à l'art moderne et contemportain, il est hébergé dans un bâtiment dont l'architecture décrié à l'époque est aujourd'hui un lieu de visite incontournable, avec plus de 4 millions de visiteurs par an.

"Il y avait deux options sur la table, l'une consistant à restaurer le Centre tout en le maintenant ouvert, l'autre étant la fermeture complète. J'ai choisi la seconde car elle s'avérait moins longue dans le temps et un peu moins chère", a expliqué la ministre.

Dans le musée national d'art moderne, en plein cœur de la ville, jamais de tels travaux n'avaient été entrepris. Leur coût est évalué autour de 200 millions d'euros, indique-t-on au Centre Pompidou. Les travaux démarreront fin 2023, s'achèveront fin 2026 et le centre rouvrira début 2027 pour son 50e anniversaire.

Désamiantage, normes de sécurité, rénovation énergétique

Les travaux d’une durée estimée de trois ans se dérouleront en site fermé, ce qui permettra de procéder au désamiantage total du bâtiment et de le rénover entièrement afin de répondre aux normes de sécurité, aux normes techniques et énergétiques en vigueur ainsi qu’aux obligations d’accessibilité pour les publics en situation de handicap.

Un lieu provisoire intramuros sera dédié à la bibliothèque

La Bibliothèque publique d’information (BPI), première salle de lecture publique à Paris qui attire chaque année 1,4 millions d'étudiants et chercheurs, disposera d'un lieu provisoire pendant les travaux : entre 7000 et 10 000 m2 dans Paris intramuros

"Ces travaux sont une garantie pour l’avenir du Centre Pompidou," justifie Serge Lasvignes, le président du Centre Pompidou. "Concrètement il s’agit pour nous de préserver notre premier chef d’œuvre - le bâtiment - qui n’a connu aucune rénovation profonde depuis 1977. Ces travaux sont indispensables pour qu’il demeure cette icône mondiale de la modernité et de l’architecture contemporaine qui attire chaque année des millions de visiteurs. Mais la période de fermeture ne signifiera vraiment pas l’arrêt de nos missions bien au contraire !" conclue-t-il.

Le montant des travaux est évalué à 200 millions d'euros. Il va "falloir trouver le financement", admet-il : "on n'a pas les moyens sur nos ressources propres, donc cela signifie qu'il faudra que ce soient des crédits de l'Etat et il faudra aussi trouver des formes de mécénat, faire appel à des ressources spéciales. L'image d'un nouveau Centre Pompidou peut intéresser les grandes entreprises".

Le Centre Pompidou proposera des expositions "hors les murs". "L'exigence" que "le gouvernement nous demande" et celle d'une mobilisation des collections sur tout le territoire fera qu"on ne va pas chômer", a assuré le président de Beaubourg. Ainsi le soutien au Centre Pompidou-Metz sera renforcé. Le pôle francilien de conservation et de création à Massy ouvrira à partir de décembre 2025, avec un espace d'exposition et de multiples activités sur 2 500 m2.

Le président du Centre va aussi proposer partout des expositions clé en main et renforcer sa présence à l'international, outre les centres déjà existants à Shanghaï, Malaga et Bruxelles. "J'espère qu'il y en aura un ou deux de plus", a-t-il indiqué sans en dire plus.

M. Lasvignes estime que la bonne stratégie est d'affirmer encore plus la "Pompidou touch": pluridisciplinarité et engagement dans les grands débats de société (égalité, lutte contre les discriminations, réchauffement climatique...).

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