LinkedOut, le Vendée job

C’était un pari. Retrouver un job le temps du Vendée Globe. Le skipper Thomas Ruyant à la barre de LinkedOut du nom du réseau social qui aide les personnes en précarité à retrouver un travail, a bouclé la course, 6e au classement général. Pour certains des demandeurs d’emploi, elle se continue.

Le voilier LinkedOut barré par Thomas Ruyant, sixième au classement général de cette édition du Vendée Globe
Le voilier LinkedOut barré par Thomas Ruyant, sixième au classement général de cette édition du Vendée Globe © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Ils sont 80 à avoir posté leur CV sur le réseau social LinkedOut. Parmi ces femmes et ces hommes en précarité, 37 ont retrouvé un emploi. 12 candidats sont en attente d’une réponse. 177 offres d'emplois ont été reçues sur la plateforme et les CV ont été partagés des dizaines de milliers de fois bénéficiant de la médiatisation du Vendée Globe et de la performance du skipper Thomas Ruyant qui a porté pendant 80 jours, 15 heures et 21 minutes les couleurs de ce programme d'inclusion sociale.

Pour Jean-Marc Potdevin, le fondateur et président de l’association Entourage qui a développé le réseau social LinkedOut, ces chiffres sont une belle victoire. "Même si tous n'ont pas encore retrouvé un boulot, c'est exceptionnel en cette période de Covid et de crise économique. Avec le confinement, il est très dur pour les personnes qui cherchent du travail de rencontrer les recruteurs"

 

La course continue à terre

Jean-Marc Potdevin, président et fondateur d’Entourage

 

Nasser, rencontré avant le départ de la course, travaille aujourd'hui dans une association caritative. LinkedOut a été pour lui une "bouée de sauvetage". Cyrille est également l’un des 80 candidats à avoir posté son CV sur la plateforme numérique. Lui n’a pas encore terminé sa course. Il est toujours à la recherche d’un emploi dans l’environnement. Il a connu la rue et sait qu’il ne rattrapera pas les années perdues mais il sait aussi qu’il peut encore "faire de belles choses". "Les gens qui sont dans la galère ont des compétences qui ne se perdent pas et qui ne demandent qu’à revivre", témoigne-t-il. Et de poursuivre : "J’ai connu la rue, la solitude, le froid. Tout ce qu’il (NDLR, Thomas Ruyant) a connu, mais moi sans assistance. Aujourd'hui la seule course que je peux gagner, c’est de retrouver un job", confie-t-il.

Avoir un voilier à nos couleurs et à notre nom au Vendée Globe a crédibilisé et professionnalisé notre programme de retour à l’emploi

LinkedOut

Tout au long de la course au tour du monde, les voiles de Thomas Ruyant ont porté les couleurs du réseau social LinkedOut et ont apporté une belle visibilité à la plateforme digitale. "Quand nous démarchons aujourd’hui des entreprises pour qu’elles deviennent des recruteurs, elles nous connaissent. Cela nous a donné de la crédibilité pour parler de l’inclusion", affirme Jean-Marc Potdevin. "Nous avons suscité l’intérêt des recruteurs grâce à cette accroche “voile”. Beaucoup ont entendu parler de nous via le défi sportif et ont été embarqués dans le défi social de cette façon", affirme l'association.

Les chiffres témoignent de la réussite du projet. "En moyenne avant le départ de la course, nous avions en moyenne 300 visites par jour sur le site LinkedOut. Le jour du départ, nous avons compté 12 352 visiteurs et plus de 13 000 quand Thomas Ruyant a été en première position en novembre et en décembre", affirme Claire Duizabo, porte parole de l'association. "La course de Thomas a été un énorme facteur de motivation pour les personnes qui recherchent du travail. Cela a donné de l’énergie et de l’espoir" assure l'association.

 

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