Loi immigration : Hidalgo refuse de "faire le tri" entre familles et enfants qui pourront être hébergés

La maire de Paris, Anne Hidalgo (PS), s'est refusée vendredi à "faire le tri" entre familles et enfants accueillis dans les lieux d'hébergement d'urgence, comme l'y obligerait, selon elle, la nouvelle loi sur l'immigration. Elle a annoncé saisir le Conseil constitutionnel avec d'autres collectivités.

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"Nous sommes heurtés que l'on vienne, par la loi, nous demander de faire le tri. Faire le tri entre les enfants qui pourront dormir ici et ceux qui dormiront dehors", a déclaré Mme Hidalgo lors d'une visite des locaux du lycée professionnel Suzanne-Valadon (18e).

La loi sur l'immigration prévoit que toute personne sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) ne peut être hébergée dans un dispositif d'hébergement d'urgence que dans l'attente de son éloignement.

Laissé vacant par la Région, le lycée, dont les murs appartiennent à la Ville, a été transformé en lieu d'hébergement d'urgence sous l'impulsion du collectif de parents d'élèves "Une école, un toit" et d'Emmaüs Solidarité. Il doit accueillir 120 personnes.

Fronde de certains départements

"Nous allons faire une contribution ouverte au Conseil constitutionnel (...) avec d'autres collectivités pour faire invalider les dispositions (de la loi votée) contraires à la Constitution", a indiqué la maire de Paris.

"Ces mots abjects, que l'on pensait ne jamais devoir commenter, de la mise en place de cette préférence nationale. On va se battre", a-t-elle ajouté.

La Ville de Paris, qui est également un département, s'est associée mercredi à la fronde de 32 départements dirigés par la gauche qui refusent d'appliquer une disposition du texte, relevant, selon eux, de la "préférence nationale" pour verser l'allocation personnalisée d'autonomie (APA).

La loi conditionne le versement aux étrangers hors Union européenne de cette aide, destinée aux personnes âgées de 60 ans ou plus en perte d'autonomie, à cinq ans de résidence en France ou deux ans et demi d'activité professionnelle.

"Ça veut dire quoi ? Que 2 000 personnes à Paris, du fait du choix de la préférence nationale, n'auraient plus le droit aux toilettes, aux douches ?", a interrogé Anne Hidalgo.

"On va voir ce que dit le Conseil constitutionnel (...) Nous ne sommes pas dans l'illégalité (...) Nous allons combattre sur le terrain du droit mais aussi imaginer des dispositifs", a-t-elle ajouté, sans autre précision.

La Ville de Paris ne rehaussera pas non plus ses tarifs de cantine ou de transports pour les étrangers non-européens du fait de la loi, a-t-elle poursuivi.

"Nos capacités d'accueil sont saturées"

La droite parisienne n'a pas tardé à réagir aux propos de la maire.

"Qui peut, avant même la lecture et l'examen de cette loi par le Conseil constitutionnel, la juger anticonstitutionnelle et refuser de l'appliquer ?", s'est étonnée Agnès Evren, la présidente de la Fédération LR de la capitale.

Dans un communiqué, elle a jugé "irresponsable" le principe d'"accueil inconditionnel" défendu par Anne Hidalgo, "alors que nos capacités d'accueil sont saturées et nos marges de manœuvres inexistantes du fait de la dette abyssale de la Ville".