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Pour « mettre à l’abri les SDF du métro », Valérie Pécresse veut créer des « maisons solidaires »

On compte entre 200 et 350 SDF dans le métro à Paris, d’après Valérie Pécresse (illustration). / © JOEL SAGET / AFP
On compte entre 200 et 350 SDF dans le métro à Paris, d’après Valérie Pécresse (illustration). / © JOEL SAGET / AFP

L'annonce du dispositif, qui exclut les migrants en situation irrégulière, survient alors que la présidente de la région avait au début de son mandat supprimé des aides destinés aux sans-abri.

Par PDB/AFP

Une mesure pour « mettre à l’abri » les sans-abri, ou bien un dispositif qui oppose SDF et migrants ? Valérie Pécresse (LR) a annoncé mardi vouloir lancer un système de « maisons solidaires » à destination des sans-logis du métro.

Dans un entretien publié par 20 Minutes, la présidente de la région et d’Île-de-France Mobilités (l’autorité qui gère les transports) explique en effet vouloir « créer avant l'hiver des maisons solidaires à taille humaine, qui soient des lieux d'accueil à Paris pour des longs séjours, de jour et de nuit, pour des personnes en situation de grande exclusion, avec des réponses adaptées ».

« Je veux un remède durable avec des places [...] pour de la longue durée, avec un suivi social, médical, psychologique et d'insertion, avance-t-elle. Certains pourront même rester plusieurs années. » Valérie Pécresse évoque par ailleurs « une prise en charge singulière pour les femmes avec enfants ».

« Ces maisons solidaires ne seront pas accessibles aux migrants en situation irrégulière »

Une mesure solidaire ? La présidente du conseil régional semble surtout assimiler la situation des SDF du métro, dont elle estime le nombre à 200 voire « 350 personnes selon les saisons », à un « dysfonctionnement du système » : « Quand un conducteur doit éviter un toxicomane sur la voie ou quand un agent doit nettoyer des choses innommables ». Elle évoque d’ailleurs à ce sujet des partenariats avec l'hôpital Sainte-Anne pour les maladies psychiatriques et l'AP-HP pour la désintoxication.

Valérie Pécresse aussi annonce d’avance que « ces maisons solidaires ne seront pas accessibles aux migrants en situation irrégulière » et qu’en contrepartie du dispositif, « il ne sera plus possible de dormir dans le réseau de transport ».

Une mesure qui suit la suppression de « toutes les aides aux Centres d'accueil et d'hébergement pour les personnes sans abri » par Pécresse

A gauche, l’annonce est accueillie avec de grosses réserves. « Il était temps que Valérie Pécresse se réveille, a commenté le groupe Alternative écologiste et sociale, qui rappelle par ailleurs qu'en arrivant à la tête de la région, elle avait par ailleurs « supprimé toutes les aides aux Centres d'accueil et d'hébergement pour les personnes sans abri (soit 12 millions d’euros) de même que pour l'hébergement des réfugiés (soit 2 millions d’euros) ».

« Pécresse semble enfin prendre conscience de l'urgence d'agir pour l'hébergement des sans-abri, a aussi réagi le Front de gauche selon qui « les invisibles, SDF ou migrants, ne doivent pas être opposés et tous doivent bénéficier de la solidarité élémentaire ».

Une « maison solidaire » dans le 13e ?

A noter qu’il existe déjà un service de maraudes pour tenter de sortir les sans-abri du métro, géré par des agents volontaires de la RATP : le Recueil social. Le centre d'accueil de jour associé, ouvert à Charenton-le-pont, va ceci dit fermer d’après Valérie Pécresse.

Pour ce qui est des « maisons solidaires », des centres pourraient ouvrir dans un ancien lycée du 13e arrondissement, propriété de la région, mais aussi dans le 17e, le 5e, et le 1er. La présidente d’Île-de-France Mobilités souligne avoir travaillé avec la maire de Paris, la préfecture de région et des associations pour identifier les sites.

La mesure se chiffrerait selon elle à « 40 euros par jour et par personne et plusieurs millions d'euros pour l'aménagement des locaux ».

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