Procès du commando de Notre-Dame : le fiancé d'une accusée nie avoir été informé du projet d'attaque

Le fiancé d'une des accusées de la tentative d'attentat près de Notre-Dame de Paris en 2016 est jugé devant la Cour d'assises spéciale de Paris pour "non-dénonciation d'un crime terroriste". / © AFP/Miguel Medina
Le fiancé d'une des accusées de la tentative d'attentat près de Notre-Dame de Paris en 2016 est jugé devant la Cour d'assises spéciale de Paris pour "non-dénonciation d'un crime terroriste". / © AFP/Miguel Medina

Mohamed Aberouz avait prévu de se marier avec l'une des accusées. Si j'avais su, "j'aurais fait le nécessaire pour l'empêcher".

Par France3 IDF (avec AFP)

Trois ans après l'attentat raté près de Notre-Dame de Paris, Mohamed Aberouz, jugé aux assises avec un commando de femmes jihadistes, a nié, ce mercredi, avoir su que l'une des accusées, qui était sa fiancée, préparait une attaque. Cet homme de 26 ans, jugé pour "non-dénonciation d'un crime terroriste", comparait détenu car il est mis en examen dans une autre affaire, soupçonné d'avoir participé au double assassinat jihadiste de policiers à Magnanville en 2016.

Mohamed Aberouz et l'une des accusées, Sarah Hervouët, qui a donné un coup de couteau à un policier lors de son arrestation le 8 septembre 2016 à Boussy-Saint-Antoine (Essonne), avaient prévu de se marier, sans toutefois s'être rencontrés. "Si elle m'avait dit qu'elle allait commettre un attentat, je l'aurais interceptée pour la protéger elle et me protéger aussi. J'aurais fait le nécessaire pour empêcher Sarah", a-t-il affirmé à la cour. "Je ne suis pas un abruti. Je sais que dans le cadre d'un attentat, c'est toujours les proches que l'on va frapper", a ajouté cet homme barbu, parlant avec aisance.
 

"Je tiens toujours à elle"

Sarah Hervouët a reconnu, lors de l'enquête, lui avoir envoyé un message disant qu'elle avait "choisi l'au-delà et non la vie d'ici-bas". "À aucun moment elle ne m'a contacté pour faire ses adieux", a affirmé Mohamed Aberouz. Pour lui, elle était seulement "malheureuse", faisait "une crise d'angoisse".

"Il n'a jamais été au courant d'un quelconque projet d'attentat", a renchéri Sarah Hervouët, qui a admis avoir tenté de protéger son fiancé lors de l'enquête. "J'ai toujours tenu à Sarah. Je tiens toujours à elle", a-t-il répondu, faisant sourire les accusées dans le box. La cour d'assises a interrogé l'accusé sur des messages effacés des applications cryptées mais il a nié toute volonté de cacher des choses.

Mohamed Aberouz a également nié toute participation à l'attaque de Magnanville. "Je condamne [cet attentat]. Je n'ai pas participé à ça", a-t-il affirmé. Il a nié avoir eu une influence sur le jihadiste auteur du double-meurtre, de même qu'il nie avoir été le guide spirituel de Sarah Hervouët. Il a par ailleurs assuré n'avoir jamais envisagé d'aller en Syrie, ne voulant "pas aller combattre". "Ceux qui vont là-bas, pour moi, c'est pour mourir. Ceux qui veulent s'y établir, ce sont des abrutis. (...) La seule chose que je voulais, c'était aller dans un pays islamique et fonder un foyer." Mohamed Aberouz voudrait désormais aller vivre au Maroc ou en Mauritanie. "Je préfère me barrer. La DGSI sera tranquille, et moi aussi je serai tranquille."

A lire aussi

Sur le même sujet

En plein débat sur la PMA, une pièce de théâtre reconstitue un ancien plaidoyer pour l'avortement

Les + Lus