Un des restaurants du Petit Cambodge squatté par des militants pour "lutter contre la gentrification"

Des militants aux revendications écologistes et féministes ont investi un nouveau local appartenant au restaurant le Petit Cambodge qui devait ouvrir en janvier. Ils dénoncent sa non-occupation depuis 5 ans et la gentrification du quartier.

Ce local appartenant à la mairie de Paris devait abriter le troisième restaurant du Petit Cambodge.
Ce local appartenant à la mairie de Paris devait abriter le troisième restaurant du Petit Cambodge. © France 3 Paris Ile-de-France

"Nous refusons leur monde", peut-on lire à la fin d'un communiqué diffusé par "Les révolté.e.s de la Place Saint-Marthe" qui dit représenter ces militants isolés ou organisés qui occupent ce local situé à l'angle de l'avenue Claude Vallefaux et de la rue Jean et Marie Moinon dans le Xe arrondissement de Paris.

Ils occupent le lieu (appartenant à la Mairie de Paris via le bailleur social Élogie-SIEMP) depuis le 14 novembre dernier et y ont changé les serrures. Depuis, ils y organisent des distributions alimentaires, des cafés-débats et autres activités et revendiquent "de réquisitionner un local vide" selon un communiqué publié par Youth For Climat Paris.

Mais s'ils affirment être soutenus par les habitants du quartier, leur initiative divise fortement, en particulier car le premier restaurant des gérants du Petit Cambodge avait été visé lors des attentats de novembre 2015.

Plusieurs années de travaux et investissement important

Les gérants du restaurant ont ainsi répondu sur les réseaux sociaux. Ils expliquent que "ce nouvel établissement est pour nous l’aboutissement de trois années de recherches et d’investissements" et précisent y avoir investi près d'un million d'euros.

Selon eux, "malgré les contraintes de 2020, les travaux sont quasiment terminés. Le restaurant devait être prêt à ouvrir dès autorisation."

L'un des associés de l'entreprise, Simon Octobre, rejette ainsi les accusations de distance vis-à-vis des habitants du quartier et affirme que "Certains employés ont déjà été recrutés et sont en formation. Nous prévoyons la création de vingt emplois directs, et autant d’indirects, dans ce quartier qui m’a vu naître".

Notre restaurant est squatté depuis le 14 novembre par diverses personnes qui aujourd’hui font circuler des affirmations...

Publiée par Le Petit Cambodge sur Samedi 26 décembre 2020

Désaccord dans la majorité municipale

Face à une bronca de messages suscitée par leur initiative, les militants répondent que "Le Petit Cambodge n’a pas hésité à jouer sur les émotions suscitées par les attentats de 2015 tout en cachant le fait qu’il était sur le point d’ouvrir un deuxième restaurant rue Beaurepaire (à quelques centaines de mètres, ndlr)".

Youth for Climate-Paris affirme que "Le Petit Cambodge n'est pas un 'petit restaurateur', c'est une chaîne de plusieurs restaurants". Ce dernier devait en tout cas être le troisième des restaurateurs.

Depuis, l'affaire a aussi pris une dimension politique. La maire (PS) de l'arrondissement, Alexandra Cordebard, s'est exprimé en défaveur de ces militants : "Je condamne fermement l'occupation illégale du local loué par le Petit Cambodge. Je demande instamment aux squatteurs de ne pas dégrader les lieux et de restituer le local au plus vite à son locataire", a-t-elle indiqué sur Twitter.

Une position non partagée par un autre membre de la majorité municipale. Guillaume Durant, élu (EELV) à la mairie du XIVe arrondissement, affirme soutenir l'action. "Je trouve que l'occupation, alors que depuis 5 ans il ne se passe rien, c'est bien qu'il y ait quelque chose. Maintenant ce qui m'intéresserait, c'est que les autres pieds d'immeubles à côté qui sont inoccupés soient mis à disposition par les bailleurs sociaux. Parce qu'il faut que cela cohabite. Je ne suis pas du tout contre le Petit Cambodge, ils font de très bons Bo Bun. Il y l'image des attentats, bien sûr que c'est un restaurant que l'on peut défendre. Mais il faut qu'il y ait les deux", a-t-il indiqué sur LCI.

L'affaire est devant le tribunal judiciaire de Paris qui doit rendre sa décision le lundi 4 janvier.

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