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Selfies et vidéos d'agressions... Quand les internautes réclament justice sur les réseaux sociaux

© MaxPPP
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Selfies de victimes, images d'agressions... Les internautes s’emparent des faits divers. L'actualité de ces dernières semaines en témoigne encore, en région parisienne : agression homophobe, sexiste, ou gifle d'un chauffeur de bus... Décryptage.

Par France 3 Paris IDF/ET

Le Web, une arène où les citoyens-internautes s’expriment, parfois avec indignation… On le voit notamment après certains faits divers, notamment des agressions. La photo de ce jeune homme a ainsi fait le tour des réseaux sociaux. Arnaud a été frappé mardi soir en pleine rue, dans le quartier de Belleville, à Paris.
Et c'est le jeune homme lui-même qui a choisi de poster la photo de son visage tuméfié, pour faire réagir les internautes. Ce selfie a fonctionné : la photo a été vue des milliers de fois, et beaucoup de commentaires ont été laissés.
Voir cette publication sur Instagram

Je savais qu'un jour ça m'arriverait. Une agression homophobe violente en pleine rue. Je savais qu'un jour je devrais faire ce choix : prendre une photo et la publier ou ne pas la publier. Avec les conséquences que cela aura dans les deux cas. Je ne savais juste pas quand cela aurait lieu. C'est donc aujourd'hui. -- Hier soir, avec mon copain, nous sommes allés voir jouer une amie et collègue comédienne dans un petit théâtre du 20ème arrondissement de Paris. Alors que nous sortions prendre l'air et attendre notre amie, nous avons eu le malheur, en discutant, de nous serrer dans les bras. Un câlin. Juste un câlin. Il était 22h00. Un groupe de trois jeunes, postés à une vingtaine de mètres, nous a vus. Ils nous ont interpellés. Comme nous les avons ignorés, ils se sont rapprochés. Un flot d'insultes homophobes sortait de leurs bouches. Ils exigeaient que nous quittions "leur quartier" où "y a pas de PD ici". Comme nous avons refusé de partir, les insultes sont devenues plus graves, plus haineuses. Puis un quatrième les a rejoints. Un gamin qui paraît avoir douze ans. Et c'est lui qui a appelé des renforts. Un scooter avec notre cinquième et sixième agresseurs. Insultes, bousculades, menaces. On ne cède pas. Le chauffeur du scooter détache son casque, le retire, et me frappe avec. Deux coups portés à la tête. Tout va très vite. Les spectateurs du théâtre voient la scène, arrivent en courrant, les font partir et nous mettent à l'abri. Mon copain n'a rien, fort heureusement. Pour moi un traumatisme facial, avec ecchymose et oedeme periorbitaire. 7 points de sutures et plusieurs jours d'ITT. --- Voilà. Nous avons fait le choix de partager cette photo et notre histoire. Nous avons fait le choix de porter plainte. Pour que ces violences cessent enfin, même si nous ne nous faisons pas d'illusions...

Une publication partagée par Arnaud Gagnoud (@arnaudgagnoud) le


Six millions de vues sur YouTube

On se souvient aussi de cette agression sexiste, le 24 juillet dernier, dans le 19ème arrondissement de Paris. Marie Laguerre, une étudiante de 22 ans, frappée au visage par un homme qui venait de la harceler, a décidé de diffuser cette image de vidéosurveillance.
Là encore, il s'agissait pour la jeune femme de témoigner, et de dénoncer l'agression dont elle a été la victime. Au final, la vidéo a été vue plus de six millions de fois sur YouTube. Et de nombreux commentaires ont été laissés sous la vidéo.

Dans cette affaire, l’agresseur a été identifié, il a reconnu les faits et sera jugé début octobre, après une "expertise psychiatrique approfondie".
 

Une gifle devenue virale

Enfin, l’une des dernières affaires en date qui a marqué les réseaux sociaux, c’est cette gifle d'un chauffeur de bus de la RATP qui a fait le tour du Web. Cela s’est passé la semaine dernière à Arcueil, dans le Val-de-Marne. Insulté par un collégien qui venait de traverser juste devant son bus, le machiniste a perdu ses nerfs.

Sur le Net, la réaction a elle aussi été épidermique, avec une pétition de soutien au chauffeur mise en ligne sur une plateforme. Elle a rassemblé plus de 300.000 signatures, ce vendredi.
Dans cette affaire, une mise au point s'impose : contrairement à ce qui est indiqué dans le texte de la pétition, le chauffeur n’est toutefois pas menacé de perdre son emploi. Il est convoqué à un entretien disciplinaire, mais la RATP précise que le chauffeur risque jusqu’à cinq jours de suspension. Beaucoup d’emballement, sans doute, dans cette histoire.

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