Sous la charpente de Notre-Dame : "on a travaillé à la hache, on a travaillé avec des techniques traditionnelles donc on exerce vraiment le métier tel que le faisaient nos ancêtres"

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Sous la charpente de Notre-Dame : "on a travaillé à la hache, on a travaillé avec des techniques traditionnelles donc on exerce vraiment le métier tel que le faisaient nos ancêtres" - reportage d'Antoine Marguet et Meryl Loisel / E.Tanguy ©France 3 PIDF

La reconstruction de la charpente de Notre-Dame vient de s'achever. Elle avait été entièrement dévorée par les flammes il y a cinq ans. A cette occasion, les compagnons charpentiers ont retrouvé les gestes et les techniques d'antan.

La cathédrale a enfin retrouvé sa silhouette et pour aboutir à ce résultat, plus de 1 200 chênes ont dû être taillés afin de réaliserÀ la charpente. Pas étonnant donc que les bâtisseurs aient appelé cet endroit "la forêt". Ici, tout a été réalisé comme il y a 800 ans.

 

Sur le chantier, pas de boulons ou de tiges filetées mais des morceaux de bois taillés sur mesure, à la main, et utilisés pour resserrer les différentes pièces ensemble. Pour Valentin Pontarollo, charpentier, "c'est un rêve" [...]. On a travaillé à la hache, on a travaillé avec des techniques traditionnelles donc on exerce vraiment le métier de charpentier tel que le faisaient nos ancêtres".

 

Une charpente que connaît bien Rémi Fromont. Avant l'incendie, cet architecte a eu la chance de pouvoir répertorier toutes les caractéristiques de cet enchevêtrement complexe de poutres. Si, aujourd'hui, le bois est vert et fraîchement taillé, il va vieillir et bouger mais déjà, le souvenir de la charpente d'origine est ressuscité : "C'est extrêmement troublant parce qu'on ne sait pas si on est en 2018, en 2024, on est dans un moment absolument intemporel et quelque part, ça veut dire que notre pari est réussi". 

Artisans d'hier et d'aujourd'hui

Ce qui rend le chantier de Notre-Dame exceptionnel, c'est aussi ses pièces uniques et numérotées. "Chaque pièce de bois et de pierre est absolument unique et à une place possible, pas deux, donc quand vous avez un grand assemblage, vous avez des milliers de pièces et il faut savoir précisément où va chaque pièce", explique Rémi Fromont. 

Pour assembler les pièces au bon endroit, les charpentiers ont un langage. À Notre-Dame on ne dit pas "droite" ou "gauche" mais "côté franc" ou "contremarque". Des symboles sont aussi taillés dans le bois, à l'image des chiffres romains. Les professionnels ont même pris soin de reproduire les anciennes marques en demi-cercle, les mêmes gravées il y a 800 ans, en hommage aux bâtisseurs. 

Pour marquer leur passage et laisser une trace dans l'histoire, de discrets dessins sont laissés par les charpentiers d'aujourd'hui pour les artisans de demain. Un chantier qui restera unique pour les compagnons qui ont travaillé dessus. Avec sa charpente et sa forêt en son coeur, Notre-Dame a retrouvé un peu du souffle de sa beauté. 

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