Tour de France Femmes : « Le manque de médiatisation des éditions précédentes est à l’origine de la disparition de la course »

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Écrit par Tom Rousset
L'édition 2022 du tour de France Femmes se tiendra à partir du 24 juillet 2022
L'édition 2022 du tour de France Femmes se tiendra à partir du 24 juillet 2022 © STUART FRANKLIN / POOL

La version féminine du Tour de France fait son retour en 2022 après plusieurs décennies d’absence. Pour la vice-présidente de la Fédération Française de Cyclisme, Marie-Françoise Potereau, c’est le manque de visibilité et de médiatisation de la course qui a causé sa disparition.

Le Tour de France Femmes connaîtra son premier départ depuis la fin des années 1980, le 24 juillet prochain lors d’une première étape qui partira de la Tour Eiffel et qui arrivera sur les Champs-Elysées. Ainsi, pour la première fois depuis 1989, les coureuses prendront le départ d’une version officielle du tour de France féminin. C’est en 1984 que la première version pérenne du Tour de France féminin voit le jour. "Nous faisions les 100 derniers kilomètres de chaque étape du tour des garçons avec deux jours de repos de plus" se souvient Marie-Françoise Potereau ancienne coureuse qui a disputé 4 Tours entre 1984 et 1989.

Les concurrentes étaient réparties à l’époque en équipe nationale. Cependant, ce format de la course ne connaîtra que cinq éditions jusqu’à son arrêt en 1989. "À l’époque, on nous a expliqué que la course n’était pas rentable car nous n’avions pas de visibilité et très peu de médiatisation a part quelques courts sujets dans les journaux télévisés" explique celle qui est aujourd’hui vice-présidente de la Fédération Française de Cyclisme. 

De nombreux essais pour une renaissance 

Après 1989, plusieurs personnalités du monde du cyclisme ont tenté de redonner vie à ce Tour de France féminin. Parmi ces figures, se trouve celle qui reste à ce jour l’une des cyclistes françaises les plus titrées, Jeannie Longo. La célèbre coureuse avait tenté de reprendre l’épreuve en tant que capitaine de l’Équipe de France dans les années 1990, sans succès.

 Beaucoup de potentiels organisateurs se heurtent à cette époque au manque de visibilité que Marie-Françoise Potereau attribue à une raison très précise. "Ils n’avaient pas le droit d’utiliser le nom Tour de France puisque la marque appartient à la société du Tour. Pierre Boué a donc dû appeler la course "La Grande Boucle", ce qui ne revêt pas la même connotation". La Grande Boucle féminine se tient jusqu’en 2009 avant de disparaître. 

Le Tour au féminin, intimement lié aux routes franciliennes

Les deux premières étapes de cette nouvelle édition se dérouleront sur les routes franciliennes. Ainsi, la première verra les coureuses relier la Tour Eiffel et les Champs avant de prendre le lendemain les routes de Seine-et-Marne lors d’une étape entre Meaux et Provins. "Je crois que le Tour et l’Île-de-France ont un lien symbolique et historique indéfectible et qu’il était important que la course commence ici. D’autant plus qu’il est important de mettre les vertus sportives de la capitale en avant à deux ans de l’échéance olympique", précise celle qui est également membre du Comité National Olympique du Sport Français pour Paris 2024 en charge de la mixité.

Ainsi, l’ancienne cycliste se félicite également de la couverture médiatique prévue pour l’événement. 2 h 30 seront consacrées au suivi de chaque étape sur les antennes de France Télévisions. Elle concède par ailleurs qu’elle espère observer une progression pour cette nouvelle formule de l’épreuve dans les années à venir. "Le but serait de tendre vers une course de trois semaines comme celle des garçons et non pas seulement une semaine", explique-t-elle.

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