Trafic de drogue : 5 familles expulsées de leur logement social à Stalingrad

© Mehdi Fedouach/AFP Photos
© Mehdi Fedouach/AFP Photos

Cinq familles ont été expulsées de leur logement social dans le nord de Paris, ce mardi 22 mai, à la suite d'une décision de justice, point final d'une lutte de plus de dix ans contre le trafic de crack dans cette cité de la place Stalingrad (19ème)

Par CM/AFP

Cité Reverdy, dans le XIXe arrondissement, le trafic de drogue durait depuis une décennie. Le crack était vendu après 21H00 à "environ 200 à 300 clients toxicomanes", la plupart sans domicile, vivant dans le quartier de la place de la Bataille de Stalingrad. Les dealers avaient aussi comme clients des personnes "insérées", "venant de toute l'Ile-de-France".

Les ventes de drogue s'opéraient sous un porche surnommé "le four", selon un scénario élaboré par une famille de locataires sur place, avec le concours d'autres locataires ou de riverains. Des jeunes mineurs ou sans papiers étaient employés comme vendeurs. Les appartements servaient de refuge.

En 2013, une zone de sécurité prioritaire (ZSP) est mise en place dans l'arrondissement avec pour objectif la "guerre contre la drogue et le crack en particulier".
En coordination avec le commissariat du XIXe arrondissement, le bailleur RIVP, la police judiciaire, la mairie de Paris et le parquet, plusieurs actions ont été menées: intensification de la présence policière, modifications structurelles de la cité, reconstitution du milieu associatif et montage d'un dossier d'expulsion pour "troubles graves à la jouissance".

Un premier coup de filet a eu lieu en 2014 aboutissant à l'interpellation de 25 personnes, la saisie de 200.000 euros, 166 grammes de crack et cocaïne, 2 kg de cannabis, trois véhicules et un fusil à pompe. Les dix principaux dealers ont été condamnés à des peines de prison et interdiction de paraître dans le XIXe arrondissement pendant 5 ans.

En 2017, un jugement d'expulsion pour "troubles de jouissance" a été rendu à l'encontre des cinq familles organisatrices et impliquées dans le trafic. Mardi 22 mai 2018, douze personnes ont été expulsées par la police de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP).

"Le logement social, ce sont des droits mais ce sont aussi des devoirs", a réagi auprès de l'AFP Ian Brossat, adjoint (PCF) à la Maire de Paris, en charge du logement, de l'habitat durable et de l'hébergement d'urgence. "Il n'est pas normal que des familles pourrissent la vie de leur immeuble".
"La mairie de Paris a demandé aux bailleurs sociaux de la ville de lancer ce type de démarche" de demande d'expulsion pour trouble de jouissance, "quarante cinq dossiers sont en cours", ajoute Yann Brossat.

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