Transports parisiens : un remplaçant pour le ticket de métro ?

Les carnets de dix tickets vont progressivement disparaître du réseau à partir de ce jeudi au profit de titres dématérialisés. L'entreprise qui fabrique les tickets magnétiques travaille sur son remplaçant : une carte sans contact.

Depuis ce jeudi, les carnets de dix tickets de métro parisien commenceront à progressivement disparaître du réseau au profit de titres dématérialisés – sans contact. Pour l’instant, seuls les carnets de dix tickets T+ sont concernés, mais en mars 2022 les stations du réseau RATP ne vendront plus de ticket.

La RATP a en revanche précisé qu'il sera "encore possible d’acheter certains titres en version carton : le ticket t+ à l’unité ou encore le billet origine destination qui permet de voyager en banlieue". C'est donc la fin d'une époque pour les usagers. Elle s’inscrit dans une bascule opérée depuis 2016 par Île-de-France Mobilités – l’autorité organisatrice des transports dans la région – afin d’aller vers la fin du support papier.

Par ailleurs, depuis plusieurs années, les pass Navigo, Imagine R, ou même les cartes Navigo Easy et Liberté+ prennent de plus en plus de place dans le quotidien des Parisiens. Cette disparition progressive du ticket est l’occasion de revenir sur sa fabrication et son avenir.

Après 50 ans de magnétisation

De 1900 – date de naissance du métro parisien – jusqu’à la fin des années 1960, les tickets se limitaient à de simples bouts de carton à poinçonner. En 1968, ils connaissent leur première révolution : ils deviennent magnétiques. L’usine qui les produit est située dans le département du Cher (dans la région Centre-Val de Loire). Elle doit affronter la disparition progressive du ticket magnétique. "Ça fait 20 ans que l'on entend parler de la disparition du ticket magnétique. Et en effet pour Paris et l’Île-de-France, cela se concrétise", confie François Gauthier, le directeur général de la société Paragon ID pour la zone Europe/Afrique/Moyen-Orient.

Paragon ID, qui gère l'usine, est l’un des leaders dans le domaine du sans-contact, des puces électroniques et de la radiodiffusion. Elle travaille avec la RATP sur les titres de transports parisiens (et d'autres projets) depuis plusieurs décennies. Elle a en outre été le premier fournisseur du pass Navigo.

Il est prévu que le ticket de métro Parisien soit remplacé par une carte en papier.

François Gauthier, Directeur général de la société Paragon ID

"Les titres de transports ont connu une forte mutation technologique au cours des dernières années. Ils ont migré vers les technologies de Radiofréquence (RFID) que l’on retrouve dans des tickets ou des cartes comme c’est déjà le cas du pass navigo", précise M. Gauthier qui insiste sur le fait que la disparition du ticket a été anticipée. "La disparition du ticket aurait été triste si nous n'avions pas été suffisamment préparés", poursuit-il. Il indique que l'atelier magnétique de l'usine Paragon ID "a vu près de 70% de sa surface sur les cinq dernières années se réorienter vers la technologie RFID. Des investissements machines importants ont été réalisés ainsi qu’un plan de formation ambitieux afin de permettre la reconversion de nos employés historiquement dédiés au magnétique dans le pilotage des machines de connexion électroniques". Il explique par ailleurs qu'"il est prévu que le ticket de métro Parisien soit remplacé par une carte en papier (et non en plastique) qui intégrera la technologie RFID tout en étant plus respectueuse de l'environnement", sans donner plus de précisions.

Contacté par France 3 Paris IDF, Île-de-France mobilités a indiqué que ce projet de nouveau ticket est "quelque chose qu’on regarde, mais on n’en n’est que là. Rien n’est encore acté". Ainsi, il est encore trop tôt pour dire si ce ticket remplacerait le pass Navigo ou les autres existant déjà.

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