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Turing : la machine à Molières

Le comédien Benoît Solès est auteur et acteur dans la pièce "La Machine de Turing" qui se joue au théâtre Michel et qui a remporté quatre prix à la 31ème Nuit des Molières. / © Jean-Laurent Serra / France 3 Paris IDF
Le comédien Benoît Solès est auteur et acteur dans la pièce "La Machine de Turing" qui se joue au théâtre Michel et qui a remporté quatre prix à la 31ème Nuit des Molières. / © Jean-Laurent Serra / France 3 Paris IDF

"La Machine de Turing" a fait carton plein à la 31ème Nuit des Molières : quatre nominations, quatre récompenses. Benoît Solès - auteur de la pièce et interprète du célèbre mathématicien qui a décrypté la machine de guerre nazie Enigma - s'est confié à France 3 Paris IDF.

Par MB avec Jean-Laurent Serra

L'histoire est bien connue : Alan Turing, génie des mathématiques par ailleurs atteint du syndrome d'Asperger, a décrypté la machine Enigma et ainsi contribué à mettre fin à la Seconde Guerre mondiale.

Benoît Solès, auteur et comédien, s'est emparé de cette histoire vraie et en a fait une pièce de théâtre à succès. 
 

France 3 Paris Île-de-France : En quoi Alan Turing était-il si spécial ?

Benoît Solès : S'intéresser à Turing, c'est s'intéresser à une vie incroyable, qui touche à l'héroïque, mais aussi au tragique, au dramatique et au scientifique. C'est un mathématicien anglais très brillant, mais c'est aussi un personnage iconoclaste, étrange : il est bègue, autiste Asperger, incidemment homosexuel, et à cet égard il est considéré comme quelqu'un de différent.

Parce qu'il est parvenu à décrypter la machine Enigma, il nous a aidés à gagner la guerre, et il a sans doute lancé les bases de l'informatique, et même de l'intelligence artificielle. Et malgré ça, il a été maltraité. On a cherché à effacer son travail et sa vie, parce que précisément son homosexualité n'était pas convenable à l'époque. Il a été condamné pour ça à la castration chimique, et ça l'a mené au suicide.
 

Pourquoi ce personnage vous a-t-il inspiré ?

J'ai eu l'idée d'écrire sur lui dès 2008. A cette époque, il n'y avait pas eu ce film qui l'a rendu célèbre [Imitation Game, NDLR]. Je voulais le réhabiliter, il y a presque un acte politique dans mon envie de parler de Turing. Et puis au-delà de ça, c'est aussi un client extraordinaire pour un homme de théâtre comme moi.

C'est un héros absolu : voilà quelqu'un de différent, qui change le monde et qu'on essaie de faire disparaître. Il y a là une destinée incroyable, qui a trait à ce qu'on retrouve chez les plus grands personnages de théâtre.
 

Comment avez-vous travaillé sur cette pièce ?

J'ai vraiment essayer d'être le plus rigoureux possible sur le travail historique. Je suis allé en Angleterre sur les traces d'Alan Turing, j'ai retrouvé la maison où il est né, le collège où il a étudié, le manoir où il a décrypté Enigma. Et puis j'ai essayé d'attraper ce personnage, dans la partie interprétation, par l'homme.

A ce moment-là, j'oublie l'auteur et je redeviens le comédien qui va aller à travers ses émotions, son corps. J'ai perdu 15 kg pour interpréter le personnage. Je me suis connecté à l'enfant qu'il était, à cet homme seul, amoureux des chiffres et des hommes. J'ai essayé de trouver en moi ce que ça faisait résonner, pour m'effacer derrière lui et le présenter au public de façon la plus humble possible.
 

Une tournée dans toute la France

La pièce a reçu quatre récompenses lors de la 31ème Nuit des Molières : le Molière du meilleur spectacle dans un théâtre privé, le Molière du metteur en scène pour Tristan Petitgirard, le Molière du comédien dans un théâtre privé pour Benoît Solès, qui repart également avec le Molière de l'auteur francophone vivant.

A partir du 18 juin, deux comédiens remplaceront Benoît Solès et Amaury de Crayencour - qui lui donne la réplique - au théâtre Michel (8e arrondissement), où la pièce se jouera jusqu'au début de l'année prochaine.

Pendant ce temps, la distribution originale sera en tournée pour plus de 150 dates dans toute la France. 

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