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Un plan sur les rails pour stopper les violences sexistes dans les transports

Ce jeudi, dans le cadre de la semaine contre le harcèlement de rue, les associations féministes appellent à deux rassemblement à Paris. / © ETIENNE LAURENT / AFP
Ce jeudi, dans le cadre de la semaine contre le harcèlement de rue, les associations féministes appellent à deux rassemblement à Paris. / © ETIENNE LAURENT / AFP

100 % des utilisatrices de transports en commun ont subi au moins une fois dans leur vie du harcèlement sexiste ou une agression sexuelle. Ce jeudi, dans le cadre de la semaine contre le harcèlement de rue, les associations féministes appellent à deux rassemblement à Paris.

Par Emmanuèle Bailly avec AFP

Massifs, violents, dégradants et souvent occultés, le harcèlement et les violences sexuelles dans les transports en commun doivent être reconnus et combattus par tous, usagers, opérateurs, collectivités. C'est ce que préconise le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh).

Des associations féministes appellent aujourd'hui à deux rassemblement l'un organisé par Osez le féminisme à 17h45 métro Pyramides et le second par "stop le harcelement de rue" à 17h30 à la gare du Nord.

Saluant un rapport "de grande qualité", la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé jeudi sur iTÉLÉ que "le gouvernement" prendrait "des mesures fortes d'ici quelques semaines parce qu'il n'est pas tolérable de ne pas pouvoir prendre un transport en commun sans être importunée".

Le Haut Conseil propose un grand plan national d'action : "Stop au harcèlement sexiste et aux violences sexuelles sur toute la ligne"

Il repose sur trois orientations et quinze recommandations en direction des pouvoirs publics, conseils généraux et communes, des opérateurs de transports, mais aussi du grand public : femmes victimes de harcèlement, témoins et... agresseurs.

Le détail de ces recommandations

Largement sous-estimées et "invisibles", ces agressions verbales ou physiques qui touchent particulièrement les filles et les jeunes femmes doivent être reconnues comme des "manifestations du sexisme qui affectent le droit à la sécurité et limitent l'occupation de l'espace public par les femmes et leurs déplacements", insiste le rapport.

Un numéro d’alerte le 3117

Le Haut Conseil recommande d'adapter et de mieux faire connaître les numéros d'alerte comme celui de la SNCF (3117) ou les bornes d'urgence sur les quais, en mentionnant explicitement "les violences" comme motif de recours. Le "3117" pourrait être généralisé à l'ensemble des réseaux de transports, avec la possibilité d'envoyer des SMS ou de télécharger des applications, préconise le rapport. Ce numéro pourrait aussi être inscrit sur tous les titres de transport.

Une meilleure formation des professionnels

Le HCEfh recommande aussi de former les professionnels concernés afin qu'ils sachent mieux réagir aux situations de harcèlement et orienter les victimes.

L’expérience Canadienne

Il préconise encore de mieux organiser les transports par bus (arrêts à la demande à proximité de la destination finale, amplitude horaire...), comme cela a été expérimenté au Canada, afin de sécuriser les personnes seules la nuit.

La législation elle-même doit être mieux connue

Deux tiers des usagers des transports publics sont des voyageuses et deux tiers des victimes d'injures et insultes sont des femmes, tout comme l'écrasante majorité des victimes de violences sexuelles. Le harcèlement sexiste, qui se différencie de la simple "drague" ou de la flatterie, peut prendre des formes diverses, comme des sifflements, des commentaires sur le physique, non punis par la loi, ou des injures, punies par la loi.

Ces violences sexistes et sexuelles faites aux femmes ont lieu principalement dans les bus et les bus scolaires sur l'ensemble du territoire. Les violences à l'encontre des hommes ont plutôt lieu dans les trains. Six femmes sur dix craignent une agression ou un vol dans les transports franciliens contre trois hommes sur dix.

Lancée dès la rentrée, une campagne de sensibilisation auprès du grand public dans tous les transports en commun

Reconnaître l’ensemble des violences que recouvre le phénomène, les sortir de la banalisation, (via une information sur leurs droits et les moyens d’actions), des auteurs (via un rappel de la loi pour les violences sexuelles), des témoins (via des messages simples d’action pour venir en aide aux victimes).

Cette campagne devra être déclinée sur une variété de supports (affiches, vidéos, stickers avec messages courts, etc.) et diffusée dans toutes les gares, stations et moyens de transports (ex : stickers dans les bus scolaires, affiches dans les abris-bus, particulièrement en milieu rural, etc.).

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