Une boutique Chanel située près de la place Vendôme braquée, une enquête ouverte

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Écrit par Marc Taubert avec AFP

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour vol à main armée. Les quatre braqueurs se sont ensuite enfuis à scooter et moto.

Aucun coup de feu n'é été tiré. Quatre malfaiteurs casqués et masqués dont un au moins portait un fusil d'assaut ont braqué jeudi après-midi une boutique de luxe Chanel d'horlogerie et de joaillerie, rue de la Paix (IIe arrondissement), près de la place Vendôme, au cœur de Paris. Les quatre personnes ont pris la fuite sur un scooter et une moto.

Le montant du butin n'a toujours pas été communiqué mais pourrait s'élever à plusieurs millions d'euros.

La brigade de répression du banditisme (BRB), saisie de l'enquête, s'est rendue sur place, selon la préfecture de police de Paris. Une enquête a été ouverte pour "vol à main armée" et les investigations confiées à la BRB et au 1er Discrict de police judiciaire (DPJ).

Braquage filmé

Le braquage a été filmé par un employé du quartier, qui a posté sa vidéo sur les réseaux sociaux : on y voit quatre personnes habillées de noir, casquées et encagoulées. Trois sortent de la boutique, tandis que la quatrième, sur la moto, porte un fusil d'assaut en bandoulière. Deux partent sur un scooter noir de grosse cylindrée, les deux autres sur la moto, également noire.

Aucune précipitation de leur part, hormis quand elles prennent la fuite: le passager du scooter fait alors un geste de la main, signifiant de partir vite.

Celui qui "faisait le guet" près de la moto, "était très calme, très posé. Il n'était pas agressif", a raconté Jean Laville, 48 ans, du restaurant "La petite régalade" tout proche. "J'ai pris une photo de sa moto, il m'a vu. Il n'a pas du tout été agressif. Des gens filmaient en face, à aucun moment il n'a pris sa Kalachnikov pour les dissuader, leur faire peur".

Moins de 10 minutes Selon M. Laville, le braquage a duré "sept à huit minutes". "C'était assez surprenant, a-t-il dit, de voir cette personne, dans le carrefour, très calme, pas du tout inquiet de la suite".

Peu après les faits, la rue de la Paix a été bouclée par un cordon de sécurité et des effectifs de police étaient postés devant la boutique au rideau métallique baissé, a constaté un journaliste de l'AFP.

Pour Cyril, 31 ans, superviseur dans un magasin de costumes, ce n'était "pas des pros, car ça a bien duré dix minutes". "Il y a même des gens qui ont traversé devant le guetteur sans se rendre compte qu'il était armé", a-t-il dit à l'AFP. "Un client nous a prévenus. On a immédiatement appelé la police, qui ne nous a pas crus. On a dû rappeler, a-t-il affirmé, pour qu'ils nous prennent au sérieux et qu'ils interviennent."  

L'été et l'automne derniers, plusieurs braquages de boutiques de luxe avaient été commis dans la capitale, selon des modes opératoires divers. Fin juillet, un homme à trottinette avait fait main basse sur environ deux millions d'euros de marchandises dans une enseigne Chaumet, près des Champs-Élysées. Il avait été interpellé avec son complice, le lendemain, et l'essentiel du butin retrouvé.