Une course ouverte aux personnes greffées s'élance de Paris pour promouvoir le don d'organes

Publié le Mis à jour le
Écrit par Tom Rousset .

Ce mercredi et jusqu'à dimanche, plusieurs centaines de coureurs participeront à la 35e édition de la Course du Cœur. Ce parcours, entre le Trocadéro et Bourg-Saint-Maurice est ouvert aux personnes greffées. Un moyen de sensibiliser le grand public à l'importance du don d'organes.

"Nous voulons montrer que le fait d'être greffé ne signifie pas que l'on doit arrêter de pratiquer une activité physique." Laurent Desormeaux, greffé rénal depuis ses 19 ans participe à la Course du Cœur comme 11 autres personnes greffées.

Au départ ce mercredi au pied de la Tour Eiffel, il mènera son équipe dont il a été nommé capitaine jusqu'à la station des Arcs, à Bourg-Saint-Maurice, en Savoie, où l'arrivée des premières équipes est prévue dimanche.

Quatre jours et quatre nuits de course

Au programme, 4 jours et 4 nuits de course pour un total de 848 kilomètres pour promouvoir le don d'organes. Le capitaine et son équipe feront la course en compagnie de 160 autres participants réunis en 25 équipes. La course comprend des parties courues, mais également des parcours en vélo. "Dans notre équipe, on se relaie pour éviter que l'un de nous fasse trop d'efforts. Le but est de se donner à fond, mais pas de risquer un accident par excès de confiance", indique le capitaine. Ainsi, chaque participant effectue des tronçons de course entre 40 kilomètres et 120 kilomètres pour les plus aguerris. 

A ce titre, l'équipe composée de personnes ayant subies une greffe est exemptée de certaines étapes. "Notre programme est aménagé par rapport à celui des autres équipes qui disputent toutes les étapes", explique-t-il. Les autres concurrents sont pour la plupart des employés de grandes entreprises ou encore d'importants centres hospitaliers comme la Pitié-Salpêtrière ou le CHU de Rouen.

 "Avant tout, une aventure humaine" 

Les coureurs doivent rallier de nombreux points d'étape sur l'ensemble du parcours. Cette année, des haltes sont prévues à Auxerre, Chalon-sur-Saône et Chambéry avant l'arrivée aux Arcs. En tout, cette édition traversera 230 communes. "Même si la course ne s'arrête pas la nuit, ces points d'étapes permettent de se reposer et de nouer des liens entre les coureurs. C'est également une façon de sensibiliser le public présent à l'importance du don d'organe. C'est ce qui fait de cette course une véritable aventure humaine", raconte Laurent Desormeaux.

"Le goût de l'effort"

Cet amoureux de sport de 48 ans explique également que cet événement "permet à des gens récemment greffés du cœur ou d'un poumon n'ayant jamais pratiqué de sport auparavant de se découvrir un goût pour l'effort physique". Selon lui, ce dépassement de soi est aussi rendu possible par une évolution de la perception du public et du corps médical face aux personnes greffées. "Lorsque j'ai subi ma greffe de rein, il y a 28 ans, les médecins évoquaient seulement la question de la survie pour les personnes greffées. Il n'aurait jamais été question à cette époque d'évoquer une pratique sportive régulière pour nous", précise-t-il

Laurent Desormeaux se réjouit ainsi qu'à travers cette course, "on puisse montrer qu'une réhabilitation à l'effort après une greffe est possible". Enfin, sur cette volonté de poursuivre ses efforts sportifs malgré une greffe, il note que "lorsque qu'on est greffé, nous signons un contrat moral avec le donneur, sa famille et les équipes soignantes. Celui-ci nous engage, selon moi à continuer à vivre pleinement et cela passe par la pratique d'une activité physique régulière. De plus, le sport permet de limiter les effets secondaires de nos médicaments".

Enfin, il se réjouit de la vitrine que cette course procure à la problématique du don d'organe : "Ce genre d'événements permet de sensibiliser le grand public aux questions relatives aux greffes et aux dons d'organe. C'est souvent un sujet tabou dans le cercle familial, mais le fait d'encourager tout le monde à en parler librement et sans craintes peut sauver davantage de vies".

Une course qui sillonne la France depuis plus de 30 ans 

Fondée en 1987 par un collectif de journalistes marathoniens, cette course a pour vocation de médiatiser le don d'organes. "Les organisateurs souhaitaient relier cet événement à une cause", explique le directeur de la course Olivier Coustere.

Après avoir fait connaissance avec le Professeur Christian Cabrol, chirurgien ayant effectué la première transplantation cardiaque en Europe, les fondateurs ont décidé d'utiliser cette course pour faire la promotion des activités comme la transplantation cardiaque ou le don d'organes.

"C'est le professeur Cabrol qui a décidé de la nommer Course du Cœur car elle participait à promouvoir ses activités et il a compris que celle-ci pouvait amener à une prise de conscience générale au sujet des greffés", précise le directeur de la course. Celui-ci s'y implique pour la première fois en 1989 en réfléchissant à un axe de progression précis : "J'ai souhaité que l'on réfléchisse à la façon dont on pouvait permettre aux personnes greffées de participer à la course", raconte celui qui est également président de l'association Trans-Forme, Fédération française des sportifs transplantés et dialysés.

Ainsi, Olivier Coustere se réjouit de la création d'une équipe de greffés qui court en même temps que les équipes d'entreprises et hospitalières. Une équipe dont ce greffé rénal a été capitaine à trois reprises. "Il s'agit de montrer qu'une greffe ne signifie pas que l'on doit arrêter de vivre pleinement les choses. Bien sûr, il y a des adaptations comme le fait que l'équipe des greffés ne court pas la nuit. Cependant, les exigences en termes de parcours et de préparation physique restent les mêmes que pour toutes les autres équipes". 

Celle-ci bénéficie également d'une supervision médicale particulière sur l'ensemble du parcours. Son directeur voit en cette course "la meilleure démonstration de l'utilité de la greffe. Le fait de montrer des greffés qui courent et continuent de s'adonner à leur passion malgré les épreuves traversées participe à faire évoluer les mentalités au sujet des transplantations", sourit Olivier Coustere.

En France, environ 63 000 personnes vivent avec un organe greffé. En outre, plus de 27 000 malades attendent de recevoir un organe.

Rendez-vous au Trocadéro ce mercredi à 19 heures pour le départ de la course du Cœur.

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