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Procès Tron : les frères Olivier, opposants politiques du maire de Draveil, assurent ne pas être “des comploteurs”

Le maire de Draveil, Georges Tron, arrivant à la Cour d'assises de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 23 octobre 2018. / © AFP/Thomas Samson
Le maire de Draveil, Georges Tron, arrivant à la Cour d'assises de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 23 octobre 2018. / © AFP/Thomas Samson

Georges Tron est persuadé qu'il est la cible d'un complot politique. Ce mardi après-midi, deux témoins ont été entendus : les frères Philippe et Jacques Olivier, opposants politiques au maire de Draveil (Essonne). Résumé de ces deux auditions clefs.

Par LB et Aude Blacher

Philippe et Jacques Olivier. Ces noms ne vous disent peut-être rien et pourtant, ce sont ceux de deux figures de l'ex-Front National. Jacques Olivier a été pendant longtemps en charge de la communication du parti. Quant à Philippe Olivier, il est le beau-frère de Marine Le Pen, mais également son bras droit depuis le départ de Florian Philippot.

S'ils sont appelés à la barre aujourd'hui, c'est que ces deux hommes, qui vivent à Draveil (Essonne), ont, pendant des années, mené la fronde contre le maire de la ville Georges Tron, notamment autour d'un contentieux immobilier.
 
 
Les deux plaignantes, Virginie Ettel et Eva Loubrieu ont eu plusieurs fois affaire à eux. Les deux frères auraient notamment recueilli leurs confidences, les conseillant même parfois, voire les influençant. C'est en tout cas la théorie de Georges Tron qui, depuis le début de l'affaire, crie à un complot politique.
 

Projet immobilier

Installé depuis 1995 à Draveil, Jacques Olivier était un ancien cadre de l'ex-Front national et entretenait alors des rapports cordiaux avec Georges Tron, jusqu'à une mésentente sur un projet immobilier.
 
 

"Esclave sexuelle"

Deux ans plus tard, en 2011, Eva Loubrieu, l'une des plaignantes, passe chez Jacques Olivier, même si ce dernier ne la considère pas comme une amie. Elle lui explique qu'elle a eu des problème à la mairie : "Je crois me souvenir qu'elle m'avait dit qu'elle était une esclave sexuelle. J'ai pris ça comme une déclaration superficielle". Une semaine avant qu'Eva Loubrieu ne dépose plainte contre Georges Tron, il est invité à l'anniversaire de la jeune femme. Elle lui annonce alors son prochain dépôt de plainte.

Lui rencontre Virginie Ettel, la seconde plaignante, en mai 2011, lors d'une fête. Ce jour-là, elle lui confie s'est fait violer. "Elle avait la rage", se souvient le témoin.
 
 

"C'était un homme extrêmement puissant !"

Au tour de Philippe Olivier, le frère de Jacques, d'être appelé à la barre. Lui assure n'avoir, à l'époque, aucun lien avec le Front national -il est aujourd'hui le bras droit de Marine Le Pen et son beau-frère. Lui aussi, en tant qu'"habitant du quartier", était contre le projet immobilier. "Je suis contre les logements car on va déplacer l'école et faire des routes", détaille-t-il en se joignant au même argumentaire que son frère. Mais "on sait que le projet [va] tombe[r] donc on n'a pas de ressentiment [vis-à-vis de Georges Tron]".
 
 

"Un homme extrêmement puissant"

Philippe Olivier poursuit : "La police était devenue une véritable milice à la solde de Georges Tron. Il était capable de décapiter n'importe quel fonctionnaire de police. C'était un homme extrêmement puissant !" "Et puis c'était ce château où il y avait son bureau. Les employés municipaux nous racontent qu'un des bureaux ressemblait à une chambre à coucher", continue l'homme.
 

Philippe Olivier a alors demandé la démission de Georges Tron : "Je ne devais pas me taire mais ça ne fait pas de moi un comploteur".
 

L'audience se poursuit avec l'audition de deux autres témoins. Mercredi matin, le procès reprendra avec le témoignage d'Eva Loubrieu, l'une des deux plaignantes. Elle et Virginie Ettel 44 et 41 ans, accusent Georges Tron de leur avoir imposé des attouchements et des pénétrations digitales entre 2007 et 2010, avec ou sans son ex-adjointe à la Culture, Brigitte Gruel, 61 ans.

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