En Seine-et-Marne, du pipi pour faire pousser les plantes

Pendant plusieurs mois, des chercheurs de Paristech ont planté du blé et ils ont comparé comment la plante se développait avec de l’urine ou avec de l’engrais synthétique / © France 3
Pendant plusieurs mois, des chercheurs de Paristech ont planté du blé et ils ont comparé comment la plante se développait avec de l’urine ou avec de l’engrais synthétique / © France 3

Et si notre pipi remplaçait les engrais chimiques ? A l'école des Ponts Paritech à Champs-sur-Marne, en Seine-et-Marne, des chercheurs ont utilisé de l'urine comme fertilisant. 

Par France 3 Paris Ile-de-France

A l’université des Ponts et Chaussées de Champs-sur-Marne, les étudiants sont invités à faire pipi aux toilettes. Rien de très original sauf qu’ici l’urine est stockée dans une cuve située au sous-sol de l’établissement puis analysée à l’étage, en laboratoire. Selon plusieurs chercheurs, ce liquide humain, dilué avec de l’eau, pourrait remplacer les engrais chimiques pour cultiver les plantes.

 "L’ensemble des nutriments qu’on a mangé, on va en excréter une partie très importante dans l’urine. On va retrouver de l’azote, du phosphore, du potassium et tous ces nutriments, ils sont utiles aux plantes pour pousser", explique Fabien Esculier chercheur et coordinateur du programme de recherche OCAPI.

Un rendement identique

Pour vérifier ces recherches, Fabien Esculier et son équipe ont tenté l’expérience en plein champs. Pendant plusieurs mois, ils ont planté du blé et ils ont comparé comment la plante se développait avec de l’urine ou avec de l’engrais synthétique.

"Le rendement est le même entre les engrais chimiques et l’urine, c’est à dire qu’on produit la même quantité de végétaux", affrime Tristan Martin, doctorant à l'université Paris-Saclay.
 

Une pratique vieille de plusieurs siècles

Utiliser l’urine comme engrais, la pratique existe depuis des siècles. Mais avec l’arrivée de la chasse d’eau et des apports chimiques, cette démarche a presque disparu. La remettre au goût du jour, est loin d’être facile. Il faut d’abord expliquer au grand public, puis installer des toilettes capables de séparer les matières fécales du pipi.

En attendant que ce liquide humain devienne l’avenir de l’agriculture mondiale, vous pouvez toujours tenter l’expérience dans votre jardin. Les chercheurs ont déjà réussi à produire avec ce liquide naturel du blé, du maïs ou encore du vin. 
 

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