Fin de cavale pour l'évadé de prison Redoine Faïd : réaction de la mère d'Aurélie Fouquet

Publié le Mis à jour le
Écrit par MT/AFP

Trois mois après son exfiltration par hélicoptère à l'aide d'un commando armé de la prison de Réau (Seine-et-Marne), le braqueur Redoine Faïd a été interpellé mercredi vers 4h du matin à Creil (Oise).

Il n'était pas sous les tropiques, mais proche de chez lui. Redoine Faïd a été arrêté à Creil, lieu dans laquelle il a grandi. L'interpellation s'est déroulée sans incident vers 4h, dans un grand appartement situé au quatrième étage d'un petit immeuble du quartier HLM du Moulin, selon une source proche de l'enquête.

Six autres personnes ont également été arrêtées, dont quatre avec lui dans l'appartement où deux armes de poing ont été retrouvées: l'un de ses frères, Rachid Faïd, deux de ses neveux et la "logeuse", selon des sources policières. Deux autres complices ont été interpellés en région parisienne, selon les mêmes sources.

Visés par des mandats d'arrêt, Redoine Faïd et trois des personnes interpellées ont été placés en rétention, ce qui signifie qu'ils seront présentés directement à un juge d'instruction sans être entendus par les policiers, selon une source judiciaire. Les trois autres suspects ont été placés en garde à vue

 

 

 

"Se sentir serein"

Après l'annonce de cette arrestation, la mère d'Aurélie Fouquet, une policière municipale tuée à Villiers-sur-Marne le 20 mai 2010 après un braquage raté, s'est dite pouvoir "se sentir sereine". Et d'ajouter : "au bout de 8 ans, on peut espérer. Ce cauchemar est terminé."
 

 

25 ans de prison

Redoine Faïd a été condamné en avril à 25 ans de prison pour son rôle d'"organisateur" dans un braquage raté en 2010, qui avait coûté la vie à une policière municipale.

Le 1er juillet, en quelques minutes à peine, il s'était évadé, aidé par un commando armé qui avait auparavant pris en otage un pilote d'hélicoptère. Deux hommes portant des cagoules et des brassards de police, équipés de fusils d'assaut de type Kalachnikov et de disqueuses, avaient sauté de l'appareil qui survolait la cour d'honneur du centre pénitentiaire de Réau, près de Melun. Après avoir scié plusieurs portes et lâché des fumigènes, ils avaient récupéré Redoine Faïd au parloir.

Il y a à peine un mois, le 5 septembre, la police a mené des perquisitions, notamment dans l'Oise, ciblant des proches de Redoine Faïd. Il n'y avait alors eu aucune arrestation.
 

"Dysfonctionnements"

Le 10 juillet, les enquêteurs ont mis la main au nord de Paris sur un sac contenant notamment des armes, des cagoules et une disqueuse qu'ils soupçonnent d'avoir appartenu au commando. Une semaine auparavant, le dernier véhicule connu à bord duquel le fuyard pourrait avoir pris place avait été également retrouvé dans le nord de la région parisienne.

Puis le 24 juillet, le fugitif de 46 ans a échappé de peu aux forces de l'ordre, dans le Val-d'Oise. Une course-poursuite avec des gendarmes s'est terminée dans le parking d'un centre commercial de Sarcelles où Redoine Faïd et son complice ont abandonné leur voiture et réussi à s'enfuir. Des fausses plaques d'immatriculation et des explosifs factices ont été découverts dans le véhicule. Sous le feu des critiques de l'opposition, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a reconnu fin juillet, lors de la présentation du rapport de l'inspection générale de la justice, commandé dans la foulée de l'évasion, "une série de dysfonctionnements" à la prison de Réau.

Des filins seront installés au-dessus de la cour d'honneur, où s'était posé l'hélicoptère, entre autres adaptations.
 

Roi de l'évasion

L'administration pénitentiaire avait également été pointée du doigt, jugée "insuffisamment réacti(ve)" par l'inspection.
Le transfert de Redoine Faïd avait en vain été demandé par la Direction interrégionale d'Ile-de-France, qui avait noté une "menace sérieuse (de) passage à l'acte" de la part du détenu.
"La réponse a tardé", avait tancé la garde des Sceaux.

Surnommé le roi de l'évasion, Faïd s'était déjà évadé le 13 avril 2013 en moins d'une demi-heure de la prison de Lille-Sequedin, en prenant quatre surveillants en otages, qu'il avait utilisés ensuite comme boucliers humains. Il avait été repris six semaines plus tard en région parisienne.

"Habitué à la cavale", le fugitif a été présenté par la police judiciaire comme un "individu dangereux".

Une opération saluée par la classe politique


Le Premier ministre Edouard Philippe a salué sur twitter 

" le minutieux travail"des enquêteurs : 

"L'interpellation de Rédoine Faïd montre, encore une fois, le professionnalisme de la police nationale"

 
L'ancien ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, s'est également félicité de cette arrestation : 

"Interpellation de Redoine Faïd : les fonctionnaires de la PJ ont démontré leur engagement, leur pugnacité et leur détermination à faire respecter la loi de la République"

a-t-il écrit juste avant 6 heures mercredi.