"Météo des forêts" : "L’Île-de-France n’est pas épargnée par le risque de départ d’incendies"

Alors qu’une "météo des forêts" sera lancée par Météo-France début juin pour sensibiliser le public aux dangers liés aux feux, comment le phénomène risque-t-il de toucher les massifs franciliens cet été ? L’ONF appelle à la prudence.

Elle sera diffusée aux côtés de la météo des plages ou de la météo marine. Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique, a annoncé mardi la publication d’une "météo des forêts" à partir du 1er juin et jusqu'à fin septembre au moins. Département par département, cette carte de prévisions présentera le degré de risque de départ d’incendies via un code couleur : vert pour un risque "faible", jaune pour "modéré", rouge pour "élevé" et noir pour "très élevé".

"L’outil sera disponible quotidiennement sur le site de Météo-France, en fin d’après-midi. Et un travail est mené avec les présentateurs météo des différents médias pour relayer les données", explique Romaric Cinotti, responsable de l'assistance feux de forêt en zone Sud chez Météo-France.

"Le but est de fournir des informations au quotidien pour sensibiliser tous les citoyens à l’influence des conditions météorologiques sur les risques liés aux feux de forêt, poursuit-il. L’idée est de faire de la prévention auprès de la population, on a tous une grande part à jouer : 90% des incendies en forêt sont d’origine humaine. Le tout en rappelant le contexte du changement climatique, dont les effets remontent le risque de feux et le rendent plus précoce, à cause de la sécheresse et des températures plus chaudes."

En parallèle de cette "météo des forêts" qui s’adresse au grand public, un autre outil plus détaillé et destiné aux pompiers et aux autorités - la "météo des feux forêts" - sera étendu à davantage de départements. "Notre but est aussi de fournir aux autorités une assistance précise pour permettre de positionner les moyens en amont des feux, en fonction notamment des conditions météo, mais aussi d’aider pendant des interventions en cas de départ d’incendie", note Romaric Cinotti.

Fontainebleau, une forêt "plus sensible"

Sécheresse de la végétation, températures, vent, humidité… Pour ce qui est de la "météo des forêts", les prévisions seront établies avec l'Office national des forêts (ONF). "L’Île-de-France n’est pas épargnée par le risque de départ d’incendies, même s’il y a évidemment des disparités", souligne Guillaume Larrière, responsable communication à l’agence ONF Île-de-France Est.

"En moyenne, il y a chaque année une cinquantaine de départs de feux dans les forêts domaniales de la région, dont une trentaine à Fontainebleau, qui est un massif plus sensible. On peut aussi citer Sénart et Rambouillet", rappelle-t-il.

"Il y a quatre ans, les flammes ont ravagé environ 60 hectares de végétations à Sénart, mais c’était une situation exceptionnelle, en général on compte entre 10-15 hectares touchés par des incendies par année, pas plus. Les parcelles brûlées dans la forêt de Sénart étaient composées de végétation basse et un sol assez sec, et ça peut prendre feu assez vite en fonction de la sécheresse et du vent. La progression du feu a ralenti en atteignant des zones boisées avec un sol plus humide", poursuit-il.

"Tout apport de feu en forêt est interdit, les conséquences sont parfois dramatiques"

"A Fontainebleau, ce sont souvent des secteurs avec des résineux, des pins sylvestres par exemple, ou des zones non boisées avec des rochers et du sable. Mais il faut relativiser par rapport aux incendies dans le Sud-Ouest l’an dernier : en Île-de-France les surfaces touchées sont assez faibles. Ça n’empêche toutefois pas la vigilance", souligne Guillaume Larrière.

"Chaque année, on a 80 millions de visites dans les forêts d’Île-de-France, dont 15 millions à Fontainebleau, explique-t-il. La forte fréquentation augmente les risques, donc on mène un travail de pédagogie auprès du public. Mégots, feux de bivouac mal éteint… Tout apport de feu en forêt est interdit, les conséquences sont parfois dramatiques."

"On travaille aussi beaucoup avec les pompiers, pour mener des échanges et des manœuvres communes, avec des mises en situation. Les forestiers ont un rôle important en cas d’incendie : ils orientent les pompiers pour gagner du temps, avec leur connaissance du terrain. On travaille également sur des atlas, pour établir sur des cartes les chemins praticables pour les engins des pompiers. Et en cas de manque de voies carrossables, on engage des travaux", indique Guillaume Larrière.

"Aucune région en France n’est à l’abri"

Du côté de Météo-France, Romaric Cinotti explique que si le sujet des incendies "est moins prégnant en Île-de-France" en tant que territoire fortement urbain, "aucune région en France n’est à l’abri". Alors à quoi s’attendre cet été ? "La saison de recharge a été globalement assez conforme aux normales au niveau national, sauf au sud des Pyrénées, détaille-t-il. Il s’agit de la période de septembre à mars au cours de laquelle les pluies peuvent pénétrer les sols et les recharger en eau."

"Les prévisions sont moins catastrophiques qu’on aurait pu le penser, et le mois d'avril a été plutôt pluvieux, ce qui a fait du bien à la végétation, même si c’est tardif, poursuit-il. Ça permet d’être plutôt optimiste dans l’ensemble. En Île-de-France, on constate toutefois des anomalies au nord des Yvelines, avec 308 millimètres de pluies entre septembre et mars, alors que la normale est de 394 millimètres - soit un rapport de 78%."

Romaric Cinotti précise enfin que les précipitations au cours de l’été peuvent aussi permettre de limiter les feux de forêt, en "apportant régulièrement de l’eau". En Île-de-France, les forêts couvrent 287 000 hectares, soit 24% du territoire.

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