La police municipale de Pierrefitte-sur-Seine visée par 5 plaintes

Cinq habitants de la commune de Seine-St-Denis ont décidé de porter plainte contre la police municipale pour "violences" et "discrimination".

Une voiture de police. Image d'illustration. (LOIC VENANCE / AFP)
Une voiture de police. Image d'illustration. (LOIC VENANCE / AFP)

Cinq habitants de Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) ont décidé de déposer une plainte contre la police municipale de la commune pour des faits de "violences" et de "discrimination" selon une information de France Bleu Paris.

Les faits s’étendent sur une longue période, allant de 2019 pour certains jusqu’à la semaine dernière pour la plus récente. Jeudi 21 janvier un jeune homme de 22 ans aurait été frappé et insulté par un fonctionnaire de police.

Alors qu'il est dans sa voiture, Yanis s'engage par erreur dans une voie interdite. Interpellé violemment par un agent qui tape sur le capot de son véhicule, le jeune affirme avoir été traité de "trisomique" avant de recevoir un coup de point au visage, alors qu'il demandait au policier pourquoi il avait tapé aussi fort sur sa voiture. Le visage gonflé le jeune homme a reçu un jour d'arrêt de travail. 

Il a déposé plainte contre X au commissariat de la commune pour "violences commises par personne dépositaire de l'autorité publique".

 

Saisir la Défenseure des droits

Contacté par France 3 Paris Île-de-France, son avocat, Me Xavier Sauvignet, défendra également les quatre autres personnes qui ont porté plainte contre X pour "violence et discrimination". "Il y a une relation police-population complètement dégradée à cause de policiers qui visiblement sont peu soucieux des règles de droit et de la déontologie (...) la police municipale est censée être une police de proximité et non une police qui utilise la force de manière déraisonnée", estime-t-il.

"Les policiers responsables n'ont pas encore été identifiés. Nous allons donc porter plainte contre X et ce sera au procureur de la République de faire la lumière sur l'identité de ces gens et potentiellement de qualifier les faits. Une fois cela fait, on espère les poursuivre", affirme l'avocat, expliquant par ailleurs vouloir se saisir de la Défenseure des Droits, en charge de "veiller au respect de la déontologie" de la police et "plus particulièrement la police municipale".

 

Régler le problème

Le maire socialiste de de Pierrefitte-sur-Seine Michel Fourcade,  reconnaît que les faits commis envers le jeune homme, sont problématiques. Il a d'ailleurs reçu le jeune homme hier à l'hôtel de ville. "L'attitude de ce policier n'est pas acceptable, il sera sanctionné en conséquence", a prévenu l'élu. D'après France Bleu l'agent en question est convoqué lundi prochain par la direction générale des services de la mairie pour un entretien.

Concernant les autres plaintes, Michel Fourcade affirme "ne pas en avoir connaissance", et estime avoir "une police municipale qui travaille avec peut-être une brebis galeuse à l'intérieur qui s'est mal comportée". "On va régler le problème", assure-t-il.

 

Polémique du Punisher

La police municipale de Pierrefitte-sur-Seine avait déjà fait parler d’elle il y a quelques mois. Elle était alors au cœur d’une polémique. Lors d’une manifestation d’enseignants devant l’Hôtel de ville de la commune, le 5 novembre dernier, un conseiller municipal d’opposition (La France insoumise) Yohan Sales, avait accusé deux fonctionnaires d’arborer, sur leur uniforme, la tête de mort du Punisher.

Ce symbole est issu d’un personnage de l’univers Marvelde plus en plus prisé par la droite extrême. Il incarne l’esprit de vengeance et de justice personnelle et préférant tuer ses adversaires plutôt que de les livrer à la justice.

M. Sales avait réclamé des sanctions contre les deux policiers. La mairie n’a finalement pas donné suite, balayant les accusations, mais ont demandé aux deux membres des forces de l’ordre de retirer cet écusson de leur uniforme.

 

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