Cet article date de plus de 7 ans

Municipales : la droite entre en Seine-Saint-Denis par la grande porte

La droite fait une percée historique en Seine-Saint Denis, à l'occasion de ces élections municipales. Elle pénètre largement ce territoire qui jusqu'à présent lui semblait en partie inaccessible, en remportant Bobigny, Aulnay-sous-Bois, le Blanc-Mesnil ou Livry-Gargan.
© Jacques Demarthon/AFP Photos
La Seine-Saint-Denis, fief de la gauche, compte désormais 21 mairies de droite (sur le total de 40 communes que compte le département), dont plusieurs banlieues déshéritées qui avaient toujours voté communiste ou socialiste, contre 19 à gauche.

Première prise, majeure, celle de Bobigny. Dirigée depuis un siècle par des communistes, c'est un candidat soutenu par l'UDI, Stéphane De Paoli, qui y a triomphé, avec 54% des voix, contre seulement 46% pour la maire sortante Catherine Peyge. Elle n'a pas réussi à convaincre les 49% d'abstentionnistes. Le nouveau maire pourra s'appuyer sur son voisin de Drancy, Jean-Christophe Largarde, UDI, réélu dès le premier tour, et qui lui a désormais une solide expérience et une crédibilité dans le département.

Deuxième prise de guerre de taille, au détriment là encore d'un bastion historique du Parti Communiste : Saint-Ouen. Le gagnant cette fois est le divers droite Willliam Delannoy, qui a battu avec 53% la maire sortante, figure du PC de Seine-Saint-Denis Jacqueline Rouillon.  Saint-Ouen n'avait connu
que des maires communistes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Troisième conquête, sans appel, Aulnay-sous-Bois, où la crise engendrée par la fermeture de l'usine Peugeot PSA a bien sûr pesé très fort.Bruno Beschizza, UMP, ancien syndicaliste policier médiatique, a très largement devancé son adversaire, socialiste cette fois, Gérard Ségura, avec 60,7% des voix, ne lui laissant laissant aucune chance.

Au Blanc-Mesnil, c'est le communiste Didier Mignot qui s'est incliné (49,24% des voix) face à l'UMP Thierry Meignen. A Livry-Gargan, Pierre-Yves Martin, (Union droite) a balayé le sortant socialiste, ancien ministre Alain Calmat avec 56,16%. A Villepinte, Martine Valleton l'emporte facilement avec 62,79% sur la candidate de gauche sortante Nelly Roland.

Au delà de ces défaites pour la gauche, PC et Front de gauche s'en sortent pourtant mieux que le Parti socialiste. On peut ainsi noter, à Montreuil, sur fond de déchirure de la gauche depuis des mois, la victoire de Patrice Bessac 37%, qui bat ainsi l'ancien maire, ancien communiste Jean-Pierre Brard qui rêvait de revanche.
Le parti communiste a bien résisté aux attaques des poulains de Claude Bartolone, qui rêve depuis longtemps de prendre ses places fortes. Le parti communiste résiste ainsi à Saint-Denis, que lui contestait le PS. Didier Paillard y a recueilli 50,5%, face au député PS Mathieu Hanotin, l'un des "envoyés" de Claude Bartolone. Le PC gère désormais ainsi, avec Montreuil, deux villes de plus de 100.000 habitants en France.

Le PCF reprend aussi, ça n'est pas la moindre de ses satisfactions, Aubervilliers, où l'ancien maire Pascal Beaudet fait son retour (45% des voix), face au socialiste qui l'avait défait en 2008, Jacques Salvator (38,9%).





Poursuivre votre lecture sur ces sujets
élections municipales 2020 politique