Evacuation des migrants de la Place de la République : deux policiers de la BAC 93 dans le viseur de l’IGPN

Deux fonctionnaires de la BAC de Seine-Saint-Denis sont visés par deux 2 enquêtes de l’IGPN selon nos confrères de FranceInfo pour des faits de violences sur un migrant et sur un journaliste lors de la violente évacuation des migrants place de la République à Paris lundi soir.
Evacuation d'un campement de migrants improvisé place de la République à Paris lundi 23 novembre
Evacuation d'un campement de migrants improvisé place de la République à Paris lundi 23 novembre © Sebastien Muylaert/MAXPPP
"La police des polices" a été saisie hier mardi à la demande du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Un commissaire et un gardien de la paix de la BAC de Seine-Saint-Denis doivent répondre aux questions de l’IGPN suite aux violences qui ont émaillées lundi soir dans Paris lors de l'évacuation du campement.

Le gradé est soupçonné d’avoir fait un croche-pied de manière intentionnelle et fait chuter violemment un migrant alors que celui-ci tentait de s'enfuir. Des faits largement filmés et partagés sur les réseaux sociaux. Selon une source policière en Seine-Saint-Denis interviewée par France Info, "ce commissaire, qui n'est pas souvent sur le terrain, n'est pas connu pour être violent".
 
Le gardien de la paix lui est soupçonné d’avoir maintenu au sol le journaliste Rémy Buisine. Selon le journaliste, c'est la "troisième fois" que ce "même policier" s'en prenait à lui dans "la soirée". De son côté une source syndicale affirme que ce fonctionnaire avait reçu un coup dans le visage avant les faits et voulait protéger une collègue en difficulté face à des manifestants. L’IGPN doit rendre ses conclusions jeudi.

Rappel des faits

Evacuation des migrants du camps de Saint-Denis, le 17 novembre. Plus de 2000 migrants vivaient entre le canal et le Stade de France sous l'autoroute.
Evacuation des migrants du camps de Saint-Denis, le 17 novembre. Plus de 2000 migrants vivaient entre le canal et le Stade de France sous l'autoroute. © Christophe Petit Tesson/MAXPPP -

Depuis l'évacuation il y a une semaine d'un campement à Saint-Denis, entre 500 et 1.000 personnes se trouvaient en errance dans les rues en lisière de Paris. Lundi soir, les migrant soutenus par des associations notamment Utopia 56 ont tenté d’installer un campement place de la République. Une heure après, les forces sont intervenues pour les déloger. Un démantèlement terminé vers 21 heures 30.
La moitié des migrants a quitté les lieux. Quelques centaines d'entre-eux et des militants se sont dirigés vers Beaubourg. Des gaz lacrymogène ont été tirés pour disperser le cortège à hauteur de Beaubourg. Après minuit, les forces de l'ordre ont escorté des groupes de migrants au-delà du périphérique, selon des témoignages de militants et de migrants.
C'est la DSPAP, Direction de la sécurité publique de l'agglomération parisienne, qui a dirigé l'opération. Un escadron de gendarmes mobiles a été engagé, ainsi que des effectifs des Brigade anti-criminalité (BAC) nuit et des compagnies de sécurisation et d'intervention (CSI).
 

Il y a plusieurs comportements que nous pouvons qualifier de grave

Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur


Mardi, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin a annoncé avoir demandé à l'IGPN, la "police des polices", d'enquêter sur les violences policières, évoquant des images "choquantes". Il a également demandé "un rapport circonstancié" au préfet de police de Paris, Didier Lallement. 
 
Ce matin mercredi 25 novembre, sur France 2, Gérald Darmanin a "renouvelé"  sa "confiance au préfet de police de Paris" Didier Lallement.



 
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