A Saint-Ouen, une association de riverains aurait passé un pacte avec des dealers

Pour avoir la paix, une association de résidents de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) aurait fait un pacte avec des trafiquants : pas de bruits après 22h ni de déchets laissés sur place en échange d'une promesse de ne pas appeler la police.

Des habitants et des trafiquants auraient conclu un accord dans un lieu de deal à Saint-Ouen: pas de bruit après 22h ni de déchets en échange d'une promesse de ne pas appeler la police.
Des habitants et des trafiquants auraient conclu un accord dans un lieu de deal à Saint-Ouen: pas de bruit après 22h ni de déchets en échange d'une promesse de ne pas appeler la police. © France 3 Paris Ile-de-France
À l'entrée d'une cité de Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis, un guetteur. En bas des tours, deux jeunes hommes font des rondes. Et dans le quartier, c'est l'omerta. Les habitants, terrorisés par les dealers, ne veulent pas parler face caméra. "Nous, on est dans l'insécurité, on ne peut même pas sortir nos enfants dans le jardin, on ne peut pas dire ce qu'il se passe", raconte un résident. Une habitante réfute avoir passé un tel contrat : "On n'a pas passé un accord avec les dealers. C'est faux, il ne faut pas raconter ça, on n'a rien avoir avec eux ici".

Pas de bruit après 22h, pas de déchets laissés sur le point de vente, et personne ne prévient la police. Ce serait le pacte officieux scellé entre l'amicale des locataires et les malfrats. Rien de nouveau selon les trafiquants.

"Quand on respecte les gens, ils nous respectent aussi. Je ne les dérange pas, je les aide pour rentrer leurs courses. On l'a toujours fait, on a toujours laissé le quartier propre", indique un dealer sur place.
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A Saint Ouen, un accord entre dealers et habitants ? ©France 3 Paris Ile-de-France
 

La police veut des peines plus lourdes

Ce type d'accord tacite ne change pas vraiment la donne selon la police. Chaque année à Saint-Ouen, en marge des enquêtes judiciaires, les fonctionnaires saisissent plus de 70 kg de stupéfiants et une trentaine d'armes. Mais rien n'y fait. "Cela fait des mois, des années qu'on le dit. Quand on met à disposition de la justice, derrière, il n'y a pas de réponse pénale adaptée. On ne s'en sort pas parce que pour mettre hors d'état de nuire, ce n'est pas mettre un bracelet électronique à un trafiquant qui deale déjà en bas de son immeuble", Grégory Goupil, Secrétaire général d'Alliance 93.

Le risque pour les riverains qui restent sur place est de s'épuiser face au renouvellement constant des dealers. Saint-Ouen est connu pour abriter, aux portes de Paris, jusqu'à 18 zones de trafic.
 
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