Seine-Saint-Denis - Après le meurtre d'un lycéen aux Lilas, l'inquiétude des enseignants et des parents d'élèves

Le 4 octobre, Kewy, un lycéen de 15 ans, est décédé suite à une violente rixe à l'entrée du stade municipal des Lilas (Seine-Saint-Denis). / © France3 IDF
Le 4 octobre, Kewy, un lycéen de 15 ans, est décédé suite à une violente rixe à l'entrée du stade municipal des Lilas (Seine-Saint-Denis). / © France3 IDF

Depuis mardi, les enseignants du collège Marie-Curie et du lycée Paul-Robert ont cessé le travail après la découverte d'un deuxième couteau aux abords de leurs établissements scolaires, aux Lilas (Seine-Saint-Denis).

Par Loïc BLACHE (avec AFP)

La majorité des enseignants du collège Marie-Curie et du lycée Paul-Robert des Lilas (Seine-Saint-Denis) a renouvelé ce mercredi à faire valoir leur droit de retrait. "Certains, peu nombreux, ont assuré leurs cours", indique le rectorat. Une décision prise après le meurtre de Kewy, un lycéen de 15 ans, et, surtout, la découverte, ce lundi, d'un deuxième couteau dans un buisson aux abords du collège. Un buisson situé "à distance de poignet de l'établissement pour pouvoir récupérer [l'arme]", indique un enseignant. Mardi, la quasi-totalité des personnels du collège et du lycée a cessé le travail.
Un droit de retrait s'exerce quand un salarié est "confronté à un danger grave et imminent", poursuit le rectorat. "Là, en l'ocurence, on n'est pas dans ce cadre-là" car les faits se sont passés "sur la voie publique". L'académie de Créteil indique que ces demandes de droit de retrait seront examinées au cas par cas. Elle précise aussi qu'un accompagnement psychologique est toujours en place : "le fait que les profs ne prennent pas les élèves fait que les élèves ne sont pas en cours. Et, quand les élèves ne sont pas en cours, c'est extrêmement compliqué de les toucher avec les cellules d'écoutes s'ils en ont besoin".
 

Réunion en mairie

Ce mercredi midi, de nombreux parents parents d'élèves et enseignants étaient à la mairie des Lilas. Une réunion qui a duré plus de 2h en présence des élus locaux.
Cela a permis de "libérer une parole", explique Gabriel Lattanzio, délégué SNES-FSU.

Ce qui nous inquiète le plus, ce sont bien sûr les deux couteaux trouvés, mais aussi les menaces qui circulent en continu sur les réseaux sociaux. Ajoutez à cela les messages de soutien aderssés à l'auteur présumé de l'assassinat et qui est élève chez nous. Le plus angoissant, c'est qu'on a vécu ça l'an dernier avec la mort du jeune Aboubakar. Combien faudra-t-il de morts avant qu'il n'y ait une réponse pérenne ?
Gabriel Lattanzio, délégué SNES-FSU

Mardi, une délégation a été reçue par une personne du rectorat. Mais "le recteur n'a pas voulu nous recevoir", regrette le syndicaliste. "Pour des raisons d'agenda", répond-on du côté du rectorat, qui leur a proposé une entrevue officielle ce vendredi après-midi. "Les parents d'élèves veulent s'y rendre en nombre", assure Gabriel Lattanzio.

Dans un communiqué, les enseignants du lycée Paul-Robert réclament "la sécurisation des installations sportives" et "le classement d'urgence de leur lycée en zone prévention violence". "Est-ce qu'on peut avoir autre chose qu'un référent sécurité et un psychiatre de l'AP-HP ? Est-ce qu'on peut aussi avoir une intervention pour montrer que la vie de ce jeune a une valeur réelle ?", s'indigne Gabriel Lattanzio. Une marche blanche en hommage à Kewy serait en préparation pour les jours à venir.

Sur le même sujet

Procès des agresseurs des policiers à Viry Chatillon

Les + Lus