Des policiers dénoncent un plan de mutualisation de moyens en petite couronne

Des policiers et des élus se rassemblent contre une mutualisation de moyens qu'ils considèrent comme une fermeture déguisée de commissariats. / © PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP
Des policiers et des élus se rassemblent contre une mutualisation de moyens qu'ils considèrent comme une fermeture déguisée de commissariats. / © PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP

Il y a aura peut-être bientôt moins de monde à l'accueil de votre commissariat Seine-Saint-Denis ou dans le Val-de-Marne. C'est la conséquence d'un plan de mutualisation des moyens que policiers et élus dénoncent comme étant des mesures d'économie au détriment de la sécurité.

Par Safar Baroud avec MT

Le commissariat de Bobigny bientôt seul à gérer six communes ? C'est ce qu'affirme le syndicat SGP Police qui manifestait aujourd'hui sur plusieurs sites franciliens. D'ici quelques temps, les commissariats de Drancy, Noisy-le-Sec ou encore Bondy devraient déléguer leurs missions judiciaires au seul commissariat de Bobigny, et ce chaque week-end. Une aberration pour le syndicat.

"Actuellement, de 23h à 6h du matin, vous, vos biens et vos enfants sont sécurisés par des effectifs de commissariat qui patrouillent sur l'agglomération. Lorsqu'il y a un souci, ce sont eux les premiers intervenants. Donc ces unités-là vont disparaitre et cela va multiplier les délais d'intervention des forces de l'ordre", explique Eddy Sid, porte-parole unité SGP Police.
 
 

Plus de présence sur le terrain selon la préfecture


Selon la préfecture de police de Paris à l'origine de cette réforme, mutualiser les moyens devrait au contraire permettre aux policiers d'intervenir plus souvent.

"Les gens qui sont dans les commissariats, quand ils ne sont que deux ne sortent jamais. En ne faisant pas cette réorganisation, on se garanti d'avoir deux fonctionnaires qui ne bougent pas. En la faisant on se rajoute dans chaque département entre 4 et 6 patrouilles chaque nuit qui tourneront", indique Frédéric Dupuch, directeur de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne.
 

"Mesure pondue par des technocrates"


Mais les élus concernés sont inquiets. Leurs administrés pourront-ils toujours déposer plainte près de chez eux ? Qu'en sera-t-il de la sécurité de leurs communes ? Des questions que se pose la maire de Drancy, Aude Lagarde, maire de Drancy (UDI) : "C'est une mesure qui est pondue par des technocrates qui nous tombent dessus. A nous élus locaux d'assumer. Aux policiers d'assumer aussi, avec de plus en plus de mal-être au travail."

Des inquiétudes qui n'ont pas encore lieu d'être en Seine-Saint-Denis. La préfecture de police de paris, que nous avons joints cette après-midi affirme qu'à la rentrée, seul le Val-de-Marne devrait expérimenter cette mutualisation sur les communes de Nogent-sur-Marne, Fontenay-sous-Bois et Vincennes-Saint-Mandé.
 

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