Des syndicats de police appellent à une “grève du zèle” le 5 décembre

Les policiers sont déjà descendus dans la rue, le 2 octobre dernier, pour dénoncer leurs conditions de travail. / © IP3 PRESS/MAXPPP
Les policiers sont déjà descendus dans la rue, le 2 octobre dernier, pour dénoncer leurs conditions de travail. / © IP3 PRESS/MAXPPP

Plusieurs syndicats dont Alliance et Unsa annoncent une série d’actions jeudi 5 décembre, deux mois après leur "marche de la colère" à Paris. "L’ensemble des commissariats et des unités de maintien de l’ordre seront concernés" en Île-de-France, d’après Synergie-Officiers.

Par Pierre de Baudouin / France 3 PIDF

Alors qu’un large mouvement social allant des cheminots aux personnels hospitaliers en passant par l’Education nationale se prépare pour le 5 décembre prochain, les policiers appellent eux aussi à mener des actions symboliques le jour de la mobilisation. Dans un communiqué intitulé « Dernière sommation », plusieurs syndicats dont Alliance, Unsa et Synergie-Officiers « lancent un ultimatum avant le black-out ».
L’appel, publié ce mardi, dénonce le « manque de considération », le « mépris du ministère et l’immobilisme de l’Etat qui n’ont visiblement pas entendu les cris de colère des policiers ». Les syndicats menacent ainsi de mener « des actions de 10h à 15h dans tous les services de police » si le gouvernement ne répond pas à leurs attentes.

« On ne répondra plus qu’aux interventions d’urgence »

Refus de rédiger des PV, fermeture symbolique des commissariats… « Concrètement, il y aura des actions de blocage et de grève du zèle dans les aéroports, les gares, les péages autoroutiers... On ne répondra plus qu’aux interventions d’urgence, explique à France 3 Paris IDF Patrice Ribeiro de Synergie-Officiers. On fera le job pour tout ce qui concerne la délinquance violente, pour le reste nous ne ferons pas plus que ce que la réglementation nous demande. »
Le 2 octobre dernier, une « marche de la colère » avait été organisée à Paris pour « exprimer leur mécontentement sur leurs conditions de travail, le manque de reconnaissance, la perte de leur statut, la remise en cause de leur retraite et le mal-être général de la profession », comme le rappelle le communiqué. « On n’a pas été reçu dans la foulée par Christophe Castaner, explique Patrice Ribeiro. On n’a rien obtenu depuis, à part de la mauvaise foi. »

« On fera le minimum et le gouvernement verra ce que cela signifie »

Il poursuit : « Le malaise est général, et on est usé, rincé tous les samedis depuis un an. On fera le minimum et le gouvernement verra ce que cela signifie ». En Île-de-France comme sur l’ensemble du territoire national, « l’ensemble des commissariats et des unités de maintien de l’ordre seront concernés le 5 décembre », explique le policier. Et ce, « tous grades et tous corps confondus, du gardien de la paix aux plus hauts grades de la hiérarchie », insiste-t-il.
« On est dans une forme de fuite en avant, complète Patrice Ribeiro. Le gouvernement nous utilise et pense en même temps pouvoir se passer de dialogue social. L’équation n’est pas possible, et, nous, on est en première ligne, ça ne peut pas continuer comme ça. » Le policier précise que les forces de l’ordre ne rejoindront pas les cortèges le 5 décembre : « On ne va pas se mêler à certaines personnes qui sont des complices objectifs des séditieux, des casseurs ».
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus