Thérèse, l’artiste qui veut faire tomber les clichés sur les Asiatiques

La communauté asiatique fait, en particulier depuis le début de l’épidémie de covid-19, l’objet de pressions et de comportements racistes.

Photo portrait de l'artiste Thérèse. Crédit : Thomas Daeffler.
Photo portrait de l'artiste Thérèse. Crédit : Thomas Daeffler.

Musicienne, artiste, styliste, modèle et militante, le tout après être passé par une prépa HEC et une école de commerce…Thérèse, française d’origine sino-lao-vietnamienne, semble avoir plusieurs vies. Élevée dans un univers multiculturel, polyglotte, elle fait de la musique son principal diffuseur d’idées.

Dans "Chinoise ?", le deuxième titre de son EP (mini-album) en solo, mêlant électro, pop et hip-hop sur fond de sonorités asiatiques – consultable depuis une dizaine de jours sur YouTube – elle se fait un plaisir de démonter les clichés dont sont victimes les populations asiatiques, tant les femmes que les hommes.

Ces dernières années – et surtout depuis le début de l’épidémie de covid-19 – les Asiatiques sont victimes de pressions en tous genres. Ils sont notamment accusés par certains d’être à l’origine de la propagation du virus. Fin octobre, des messages haineux à l'encontre de la communauté asiatique avaient fait surface sur les réseaux sociaux (incitations à l'agression, et aux insultes), il s'agissait notamment d'"agresser chaque chinois".

Lire aussi : Racisme anti-asiatique : un appel à "agresser chaque Chinois" circule sur les réseaux sociaux

 

« Coup de gueule »

"Chinoise?" regoupe une série de clichés, voire d'insultes, dont Thérèse a déjà été victime. "Chinoise, Chen Li/Massage, Polie/Soumise au lit/You call me Katsuni, Chintok, Grain d'riz, Jackie Chan, Bruce Lee"… Les exemples sont nombreux. Le but principal de ce morceau "est de montrer que l’identité est quelque chose de complexe, qu’on ne peut pas résumer ou essentialiser une personne uniquement à son faciès. Cette chanson est un coup de gueule coloré, positif et marrant", explique l’artiste, interrogée par France 3 Paris Île-de-France, expliquant que "le fait de compiler et de juxtaposer ces clichés, sans les commenter, montre la banalisation de la violence verbale envers la communauté asiatique (…) pour combattre ces clichés, il faut d’abord comprendre d’où ils viennent".

L'artiste Thérèse dans le clip de "Chinoise?". Les clichés qu'elle dénonce sont affichés sur des bouts de papier. Crédit Photo : Thomas Daeffler
L'artiste Thérèse dans le clip de "Chinoise?". Les clichés qu'elle dénonce sont affichés sur des bouts de papier. Crédit Photo : Thomas Daeffler

 

Asiatiques mais pas seulement

Le succès est au rendez-vous. En dix jours, le clip a été visionné plus de 16 000 fois et a récolté plus d’une centaine de commentaires encourageants de la part d’internautes sur YouTube. La chanteuse nous a confié avoir reçu beaucoup de retours positifs de la part de femmes et d’hommes, asiatiques ou non. Car bien que "Chinoise ?" évoque avant tout les clichés dont sont victimes les Asiatiques, il s’adresse également aux autres "minorités". "J’aurais pu citer toutes les minorités qui habitent en France et qui sont ciblées par des clichés, mais il n’y a que 2 minutes 50 dans la chanson. On ne peut pas tout dire", insiste Thérèse.

Le clip, très coloré, a été tourné dans le quartier de Belleville, dans le 20ème arrondissement de Paris, symbole selon elle de la "richesse" française. "Il y a des asiatiques, venant de Chine ou non, des arabes, des noirs, des juifs tunisiens, des ouvriers, c’est le quartier d’Édith Piaf et de beaucoup d’artistes… et tout le monde vit ensemble. Le quartier est à l’image de la société qui me plaît et que je veux défendre", poursuit Thérèse.

L'artiste sortira prochainement un troisième titre, "Skin Hunger", une chanson qui traite de la sexualité du point de vue féminin, et de l'absence de contact humain à l'ère du covid.

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