Sécheresse : 47 communes du Val-d'Oise en alerte renforcée

Les villes sont soumises à de nombreuses restrictions définies par un arrêté préfectoral du 31 juillet dernier.

Le non-respect des mesures de restriction peut entraîner une amende de 1 500 euros
Le non-respect des mesures de restriction peut entraîner une amende de 1 500 euros © IP3 PRESS/MAXPPP
Les habitants devront consommer l'eau avec prudence et raison. Au coeur d'un été particulièrement faible en pluie, le préfet du Val-d'Oise a décidé de placer 47 communes du département en "alerte renforcée" dans un arrêté du 31 juillet dernier. Amaury de Saint-Quentin fixe ainsi "les mesures d'interdiction ou de limitation provisoires des usages de l'eau". Les villes concernées se situent toutes sur le territoire de la Plaine-de-France et Parisis. 75 autres communes sont quant à elles placées sous le seuil de vigilance dans les secteurs de l'Oise et du Vexin.

"C'est quelque chose de très classique, assure-t-on du côté de la préfecture. Les seuils sont déterminés par des niveaux de référence. La direction départementale des territoires (DDT) prend régulièrement des mesures dans les cours d'eaux et les rivières. Les seuils sont alors définis en fonction des chiffres de ces mesures". Dans la Plaine de France, quatre rivières sont presque asséchées. Le 20 juillet dernier, le seuil "d'alerte renforcée" a même été franchi. Il s'agit du seul cas en Île-de-France.    

Interdiction d'arroser les espaces publics pour les communes

Les 47 communes sont donc soumises à un certain nombre de restrictions, et ce jusqu'au 30 novembre au maximum si les conditions n'évoluent pas. "Ce sont des interdictions qui concernent plutôt les professionnels et les collectivités, des personnes familières avec ces mesures-là. Ca ne touche pas tant les particuliers. On n'a pas de problème pour les faire respecter", affirme la préfecture du Val-d'Oise.

Les collectivités ont alors interdiction d'arroser les espaces verts publics ou privés, les pelouses et les espaces sportifs, de laver les voies et les trottoirs ou encore d'alimenter les fontaines publiques en circuit ouvert. Mais les mesures ne sont pas appliquées aux eaux pluviales issues du recyclage. Ainsi, la mairie d'Arnouville va pouvoir continuer à entretenir ses espaces verts grâce aux 80 mètres cube d'eau collectés depuis plusieurs semaines. "La ville dispose de huit cuves
d'une capacité de dix mètres cube,
détaille Laurent Lamartinie, directeur des services techniques de la commune. On a commencé à utiliser les eaux pluviales depuis lundi". Grâce à ces cuves installées en 2010, Arnouville peut tenir près de trois semaines en temps normal. Mais cette année, les besoins en arrosages sont moindres. En raison de l'épidémie de coronavirus, la ville a limité ses plantations. "On a divisé nos points à arroser des trois quarts", explique le directeur des services techniques.

"On veut faire appel au bon sens de nos habitants. Le souci, ça va être d'informer les habitants sur le sens des responsabilités"

Jean-Jacques Orif, directeur de cabinet de la mairie d'Arnouville


Mais certaines restrictions s'appliquent également aux habitants des communes. Les particuliers ne peuvent pas, par exemple, arroser leurs jardins entre 10 heures et 20 heures. Le remplissage des piscines privées est également proscrit. Il en revient alors aux communes d'accompagner leurs administrés. "On veut soutenir la décision de la préfecture par des messages perceptibles le plus facilement", confirme Jean-Jacques Orif, directeur de cabinet de la mairie d'Arnouville. Les panneaux lumineux implantés dans la ville serviront à prévenir les habitants. Les forces de la police municipale et le site internet de la commune seront aussi réquisitionnés. "On veut faire appel au bon sens de nos habitants. Le souci, ça va être d'informer les habitants sur le sens des responsabilités. On a un souci d'éducation de nos administrés",
confie le directeur de cabinet.

La crainte des stations de lavage

Pourtant, si la commune d'Arnouville semble accueillir l'information avec sérénité, certains professionnels, eux, s'inquiètent de l'arrêté préfectoral. C'est le cas de ce propriétaire d'une station de lavage automobile de Luzarches : "Ce n'est pas du tout justifié. On travaille en circuit fermé. L'eau que l'on utilise, elle passe dans un bac, elle est récupérée, retraitée et elle repart dans le service des eaux. L'eau n'est pas perdu. On tape sur le plus visuel, mais pas le plus justifié".

Le lavage des véhicules est en effet interdit dans le cadre du seuil "d'alerte renforcée". "On peut nous demander de fermer un rouleau, ou de fermer totalement dans un cas de figure extrême", ajoute le patron. Seules les stations équipées d'économiseurs d'eau peuvent continuer leurs activités. Le centre de lavage de Luzarches a dû fermer l'année dernière à la même période pendant trois mois en raison de la sécheresse. Avec à l'arrivée, une perte totale de chiffre d'affaires de 30 à 40%. "Ce sont les mois les plus importants, là où il y a le plus de lavages d'auto", précise le responsable. Mais pour l'instant, celui-ci n'a pas reçu d'instruction officielle lui imposant de ralentir ou stopper son activité. C'est également le cas pour les professionnels du tourisme.

Toutes les personnes enfreignant les restrictions engendrées par l'arrêté préfectoral encourent une amende de 1 500€.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
sécheresse météo nature