Suicide d'Evaëlle : "Cette décision est une reconnaissance des violences subies par ma fille"

Après le suicide Evaëlle, une collégienne de 11 ans, trois adolescents de 13 ans ont été mis en examen pour harcèlement. En septembre dernier, la professeure de français de la fillette avait aussi été mise en examen avec interdiction d'exercer et obligation de soins.

"Je suis satisfaite de cette décision, parce que plus on avance dans l’affaire judiciaire plus on trouve des gens qui ont participé au harcèlement de notre fille. Cette mise en examen des trois collégiens montre que l’affaire suit son cours et que surtout, elle est prise au sérieux" réagit la mère de la fillette à l'annonce de ces nouvelles mises en examen.

Evaëlle, âgée de 11 ans et victime de harcèlement scolaire, a mis fin à ses jours en juin 2019

Le cauchemar d'Evaëlle, décrite comme "précoce et extravertie" par ses parents, avait débuté dès la rentrée 2018. Pour une histoire de cartable trop lourd, un conflit s'était noué avec cette enseignante qui avait fait d'elle sa "tête de turc" et "encouragé" certains de ses camarades à la harceler, selon ses parents.

L'enfant, en classe de sixième, s'était suicidée, le 25 juin 2019 dans le pavillon familial à Herblay, dans le Val-d'Oise. Cinq mois plus tard, le parquet de Pontoise ouvrait une information judiciaire contre X pour homicide involontaire et, contre l'enseignante, et plusieurs élèves, pour harcèlement moral.

Trois élèves, âgés de 11 ans au moment des faits, ont été mis en examen

La mise en examen des trois élèves, âgés de 11 ans au moment des faits, est "exceptionnelle car ils étaient extrêmement jeunes, mais la juge a estimé à juste titre qu'il y avait suffisamment de charges contre eux", a réagi l'avocate des parents de la fillette, Delphine Meillet. "Le message est clair : cela signifie que se moquer violemment d'une enfant peut entraîner des conséquences très graves pour les moqueurs", a-t-elle ajouté.

Pendant des mois, les parents de la collégienne avaient alerté la direction de l'établissement, puis l'inspection académique. "C’est bien que, cette fois-ci, les différents organismes de l’État agissent et prennent les choses au sérieux" explique la mère d'Evaëlle. "Il a fallu le décès de ma fille pour que ça avance, cela aurait pu être fait de son vivant mais il a fallu attendre qu’elle décède".

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