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Val-de-Marne – Les plaintes pour viols visant Giscard Samba, entraîneur de l'US Créteil, classées sans suite

L'enquête pour viols visant l'entraîneur d'athlétisme Giscard Samba a été classée sans suite. / © KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP
L'enquête pour viols visant l'entraîneur d'athlétisme Giscard Samba a été classée sans suite. / © KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP

Le parquet de Créteil a classé sans suite les deux plaintes qui visaient l'entraîneur d'athlétisme Giscard Samba, a-t-on appris ce mercredi 27 février. Le parquet a précisé que l'absence de consentement n'avait pas pu être prouvée.

Par MT/AFP

Le parquet de Créteil a classé sans suite l'enquête pour viol visant l'entraîneur d'athlétisme Giscard Samba, ouverte après une plainte d'une ex-athlète dans l'une des premières affaires à avoir éclaté dans le milieu du sport à la suite de la vague #Metoo.

"L'infraction est insuffisamment caractérisée", a précisé le parquet de Créteil (Val-de-Marne), qui a estimé que l'absence de consentement n'avait pas pu être prouvée.

Au cours de l'enquête ouverte pour "viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel", la jeune femme aujourd'hui âgée de 22 ans et qui avait souhaité rester anonyme, avait décrit plusieurs relations sexuelles imposées en 2016, en marge de compétitions ou de stages, de la part de son ex-mentor à l'US Créteil, 41 ans. Elle avait aussi dénoncé, dans sa plainte déposée en juin 2017, une "pression psychologique continue" qui visait également selon elle d'autres sportives.
 

Deuxième plainte

Une autre jeune femme avait porté plainte pour viol après avoir été entendue par les enquêteurs. Cette plainte a aussi été classée sans suite. 

Devant les enquêteurs (Val-de-Marne), la première plaignante avait expliqué "ne jamais avoir dit non", ne pas avoir "osé" et s'être sentie "obligée", dans un contexte d'emprise de l'entraîneur qui la traitait différemment des autres athlètes, a expliqué une source proche du dossier.

"Je me suis sacrifiée", avait-elle par exemple raconté pour expliquer pourquoi elle avait accepté de rejoindre l'entraîneur dans sa chambre.
 

SMS très suggestifs

Giscard Samba a toujours nié les faits et parlé de relations consenties. Contacté par l'AFP, son avocat n'était pas disponible. Temporairement placé en garde à vue en juin, l'entraîneur avait dénoncé par la voix de son avocat "le caractère délirant" des accusations. Selon la source proche, il avait produit des photos et SMS très suggestifs que la plaignante lui avait envoyés, à des dates ultérieures aux viols présumés.

L'affaire avait été révélée en avril, en même temps que celle concernant Pascal Machat, un ancien responsable national du demi-fond chez les jeunes accusé d'agression sexuelle par une athlète - l'enquête est toujours en cours. Plusieurs autres coureuses avaient dénoncé dans les médias les comportements "déplacés" de M. Samba.

L'avocat de la plaignante, Me Mehanna Mouhou, a annoncé son intention de déposer une plainte avec constitution de partie civile afin d'obtenir la reprise des investigations par un juge d'instruction.

"On s'est attaqué à une personne sans fondement et je trouve ça un peu dommage", a pour sa part réagi le directeur technique national (DTN) de la Fédération française d'athlétisme, Patrice Gergès.
 

"Comportement inadapté"

Samba, spécialiste des haies qui a notamment mené Dimitri Bascou à une médaille de bronze aux JO-2016 sur 110 m haies et Aurel Manga à la 3e place du 60 m haies aux Mondiaux en salle en mars dernier, avait été suspendu un an, dont six mois ferme, par la Fédération française d'athlétisme (FFA) début juin.

La commission de discipline de la FFA avait alors précisé que la suspension ne concernait pas les accusations de viol - aux mains de la justice - mais le "comportement inadapté" de Samba à l'égard de la plaignante, évoquant notamment des "allusions sexuelles" et décrivant un coach qui "s'immisce pleinement dans l'intimité de l'athlète sans nécessité liée à l'entrainement". La commission avait ensuite suspendu la procédure, dans l'attente d'une décision de justice.

Depuis le début de l'affaire, Bascou et Manga ont toujours défendu leur entraîneur, mais ses ex-protégés Pascal Martinot-Lagarde (champion d'Europe 2018 du 110 mètres haies) et Cindy Billaud, s'en sont en revanche largement désolidarisés.

Cindy Billaud avait ainsi évoqué dans la presse "quatorze ans d'humiliation et de contrainte", alors que Pascal Martinot-Lagarde a décrit son ancien entraîneur comme un "gourou", le "maître d'une secte"
 

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