Violences policières : “Il faut que la justice passe” déclare le procureur de Paris

Des policiers postés à proximité de la manifestation du 5 décembre 2019, entre la gare du Nord et la place de la Nation. / © Alain Jocard /AFP
Des policiers postés à proximité de la manifestation du 5 décembre 2019, entre la gare du Nord et la place de la Nation. / © Alain Jocard /AFP

"Il faut que la justice passe" et que la "vérité triomphe" dans les affaires de violences policières lors des manifestations, a déclaré mardi le procureur de Paris, Rémy Heitz, face aux accusations d'inaction du parquet dans ces dossiers.

Par France 3 IDF avec AFP

"La violence" des forces de l'ordre "peut être légitime", mais il faut qu'elle soit "nécessaire et proportionnée", a indiqué M. Heitz sur Europe 1, alors que des vidéos mettant en cause leur comportement et des blessures de manifestants opposés au gouvernement alimentent régulièrement le débat.
  
Le parquet de Paris est accusé par les avocats et associations de défense des droits de l'Homme d'abuser des gardes à vue à la suite de ces manifestations et, à l'inverse, de faire preuve de mansuétude envers les policiers et gendarmes. "On a eu plus de 200 affaires" d'accusations de violences policières et sur ce total "nous avons déjà ouvert une vingtaine d'instructions, souvent pour les faits les plus complexes, les plus graves", s'est défendu le procureur.
 

Ce sont "des scènes d'une très grande confusion" et "il faut un travail pointu méticuleux pour arriver à la manifestation de la vérité". "Nous travaillons avec rigueur et fermeté, et dans ces affaires comme dans les autres, il faut que la
justice passe"
, et "elle passera", a-t-il affirmé. "Nous ferons tout pour que dans chaque dossier la manifestation de la vérité triomphe. Nous avons déjà, pour des affaires les plus simples, renvoyé des policiers devant le tribunal correctionnel. Deux ont été condamnés en fin d'année dernière, et il y aura d'autres poursuites", a-t-il ajouté.
 

En novembre, le ministère de l'Intérieur avait indiqué que l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) avait été saisie de 313 enquêtes judiciaires pour des violences policières présumées lors des manifestations de "gilets jaunes" et avait transmis les deux-tiers d'entre elles à la justice.

"Il y a également des affaires classées sans suite", et dans ce cas "une explication extrêmement circonstanciée est apportée au plaignant pour lui dire les raisons qui ont conduit le parquer à cette décision", selon le procureur. "Ça a été un travail considérable pour le parquet de Paris puisque nous avons eu jusqu'à 1.000 gardes à vue sur une même journée", notamment lors de la manifestation de "gilets jaunes" à Paris le 8 décembre 2018, a-t-il souligné.

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