Yvelines : deux fabricants de masques essaient d’anticiper la future baisse des ventes

C’est un secteur en pleine santé en temps de pandémie, les fabricants de masques. Mais face à la concurrence chinoise et l’arrivée des vaccins contre le coronavirus, le marché pourrait prochainement connaître une chute de son activité. Les entreprises tentent de trouver des solutions.

Les chefs d'entreprise vont devoir pérenniser leur activité tout en baissant leur production.
Les chefs d'entreprise vont devoir pérenniser leur activité tout en baissant leur production. © BERTRAND GUAY / AFP

Ils se préparent au monde d’après, celui qui suivra la pandémie. Les fabricants de masques essaient déjà d’anticiper les temps où les Français auront un besoin moindre en masques et où l’activité va drastiquement baisser. Déjà, en raison du deuxième confinement et de la perspective d’un vaccin, le marché connaît un certain fléchissement.

Mais à Sartrouville (Yvelines), ce fabricant vient tout juste d’embaucher deux salariés. Ils sont formés sur les quatre machines que compte l’usine. Au total, un million de masques sont produits ici chaque mois. La structure lancée en juillet dernier compte aujourd’hui une quinzaine de salariés. Kevin Bornheim avait alors mis en sommeil son activité dans l’évènementiel pour se lancer dans la production d’accessoires de protection.

Le chef d’entreprise tente de se projeter et entend notamment s’imposer auprès des consommateurs durables comme les médecins. Une réorientation de l’activité vers la production de masques de chantier est également envisagée. Il faut savoir s’adapter à un marché qui évolue très vite.

"Je pense qu’il y aura un effondrement des producteurs de masques français déjà. Enormément de gens se sont lancés dedans sans axer leur société pour le futur. Ils ont acheté 50 machines, employé 500 personnes, se sont engagés dans de très grosses structures. Ils ne peuvent pas facilement baisser leurs coûts. Ils ont un coût fixe énorme et donc s’ils vendent un peu moins, ils vont mettre la clé sous la porte", avance le fondateur de KB Medica

D’autres entrepreneurs ont saisi l’opportunité et se sont lancés dans la production de masques cette année. Depuis le mois de mars, les fabricants de masques made in France se sont multipliés. Désormais ils sont plus d’une vingtaine, comme ici à Vélizy-Villacoublay (Yvelines).

60 millions de masques produits en France chaque semaine, pour un besoin de 300 millions

Le Masque Français a été lancé en mai par Emmanuel Nizard, alors directeur d’un cabinet de conseil. La structure qui a dû changer de locaux pour se développer, compte désormais 150 salariés et produit 12 millions de masques par mois. En France, on crée 60 millions de masques par semaine, pour un besoin de 300 millions.

Le soucis, c’est que les masques hexagonaux font face à la concurrence chinoise, qui propose des unités de moins bonne qualité mais plus abordables. Fabriquer un masque en France coûte 10 centimes. En importer un depuis la Chine représente 6 centimes.

"Il y a des gens qui travaillent chez nous, qu’on a employé. Donc on leur a donné un peu d’espoir. On fait tout pour leur donner le maximum d’espoir mais en même temps il y a une équation économique qui fait que l’on est obligé de réduire, et on n’a pas le choix parce que sinon on va dans le mur", explique le PDG.

Une seule certitude pour les fabricants français, avec l’arrivée du vaccin, il n’y aura pas de place pour tout le monde. Alors comment éviter la faillite des industriels ? Tous espèrent la mise place d’une taxe sur les importations chinoises pour leur permettre de se battre à armes égales et essayer de préserver un secteur stratégique en cas de pandémie.

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