Écoles incendiées pendant les émeutes : course contre la montre pour assurer la rentrée

Un mois après les violences urbaines qui ont suivi la mort de Nahel à Nanterre, les mairies s'activent pour réhabiliter les quelque 250 établissements scolaires dégradés ou détruits dans le pays. Si la rentrée – fixée le 4 septembre – approche, les enseignants ne s'estiment "pas inquiets".

"C'est mission impossible de reconstruire pour la rentrée", reconnaît Nicolas Dainville à l'AFP, maire LR de la commune de La Verrière, dans les Yvelines. En France, près de 250 établissements scolaires ont été pris pour cible par les émeutiers, dont une dizaine d'écoles intégralement détruites. Élus, personnels et enseignants tentent toutes les solutions pour assurer la rentrée de certains élèves.

"Nous manquons cruellement de matériel qui doit être intégralement remplacé. (...) C'est pourquoi, nous avons besoin de vous", appelle-t-il sur le site web de la commune. À La Verrière, le maire Nicolas Dainville a lancé une cagnotte en "solidarité avec les écoles incendiées de La Verrière" qui récolte déjà plus de 2 000 euros.

Dans cette petite ville de 6 000 habitants, deux écoles incendiées font partie du lourd bilan des émeutes urbaines après la mort de Nahel. Le maire Nicolas Dainville (LR) évalue à "près de 20 millions d'euros" les dégâts subis par ces deux établissements et table sur deux à trois ans de travaux. Il espère une aide de la Région pour financer les 150 000 euros nécessaires au transport des élèves vers leur école d'accueil.

À la rentrée, les 170 élèves de l'école élémentaire du Bois de l'Étang seront transférés dans l'école régionale du premier degré (ERPD) de La Verrière, située à 30 minutes à pied. Quant aux élèves de la maternelle Étang-des-Noës, partiellement brûlée mais inutilisable, ils seront accueillis dans un autre établissement resté intact.

Les enseignants "pas inquiets" mais vigilants

"Cela va être une contrainte, même s'il n'y a pas énormément d'établissements concernés, fort heureusement. Le travail qui est fait pendant les vacances est de remettre en état les bâtiments et de disposer à la rentrée de classes mobiles", indique Guislaine David, porte-parole et co-secrétaire générale du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (SNUIPP-FSU), interrogée par France 3 Paris Île-de-France.

Le principal syndicat des enseignants affirme rester serein et donne toute sa confiance aux communes qui ont la charge des écoles publiques sur leur territoire. "Les mairies prennent des dispositions pour que cela se fasse au mieux et le plus rapidement possible avant la rentrée", garantit-elle, assurant que les enseignants ont, de leur côté, pu "très certainement" essayé de sauver leur matériel pédagogique ou en recommander quand cela était nécessaire.

"Nous vérifierons, notamment auprès des services du ministère, si toutes les écoles sont en mesure de reprendre correctement"

Guislaine David

Porte-parole du SNUIPP-FSU

Pour l'instant, le syndicat n'a relevé aucun retour d'enseignant en difficulté pour la préparation de la rentrée dans les écoles touchées. Guislaine David appréhende toutefois "la surprise de la rentrée". "Nous vérifierons, notamment auprès des services du ministère si toutes les écoles sont en mesure de reprendre correctement, indique-t-elle. Ce qui nous importe, c'est que la rentrée se déroule de la meilleure façon possible, aussi bien pour les élèves que le personnel. Nous serons attentifs à cela".

Elle ajoute que le récent remaniement ajoute un degré de difficulté dans leurs échanges avec les services du ministère de l'Éducation nationale pour la rentrée. "Nous discuterons avec les équipes du nouveau ministre Gabriel Attal à la deuxième quinzaine d'août, précise la porte-parole du SNUIPP-FSU. Cela rajoute un peu de complexité, mais nous ne sommes pas inquiets".

"Les collectivités vont devoir trouver des solutions inédites comme installer des préfabriqués ou mobiliser des bus si la cantine a été détruite"

Grégoire Ensel

Président de la FCPE

"Le quotidien de nombreux élèves va être bouleversé. Les collectivités vont devoir trouver des solutions inédites comme installer des préfabriqués ou mobiliser des bus si la cantine a été détruite", admet quant à lui, Grégoire Ensel à l'AFP, le président de la FCPE – la première fédération de parents d'élèves. Il redoute toutefois que "le temporaire ne s'éternise pendant deux ou trois rentrées scolaires".