En fauteuil roulant, une jeune fille privée d'essayage dans une boutique Pimkie

Le 22 septembre, une jeune-fille de 17 ans, en fauteuil roulant, n'a pu accéder aux cabines d'essayage d'un magasin Pimkie. / © MAXPPP
Le 22 septembre, une jeune-fille de 17 ans, en fauteuil roulant, n'a pu accéder aux cabines d'essayage d'un magasin Pimkie. / © MAXPPP

Pas de shopping pour Camille ce week-end. La jeune fille handicapée, n'a pu accéder aux cabines d'essayage adaptées chez Pimkie au centre commercial de Parly 2 dans les Yvelines. Sa mère dénonce un manque de respect et de dignité.

Par Maud de Bohan

Ne pas arriver à faire son shopping, un samedi entre filles. C’est ce qui est arrivé à Camille, une adolescente de 17 ans, le 22 septembre dernier. La jeune fille voulait faire les boutiques avec sa sœur et sa mère. Un moment de détente et de joie. Mais Camille est en fauteuil roulant et doit bénéficier d’équipements adaptés.

Les trois femmes vont au centre commercial Parly 2, au Chesnay (78). Les deux sœurs amènent leur mère à la boutique Pimkie pour y choisir des vêtements. Au moment d’aller les essayer en cabine, elles constatent que la cabine réservée aux personnes handicapées est inaccessible car elle est encombrée de cartons, transformée en lieu de stockage.

Lorsque Sandrine N., la maman, va voir la responsable de la boutique pour lui demander une solution, la responsable se contente d’indiquer une cabine standard. Où la jeune fille ne peut pas rentrer avec son fauteuil. Face à l’insistance de la mère, la responsable de la boutique ajoute que les cartons ne bougeraient pas.
 

Pimkie s'excuse après un appel au boycott

En relatant l’incident sur sa page Facebook, la maman très en colère a ces mots : « Je n’ai eu que le choix de quitter le magasin avec le sentiment que ma fille n’a eu aucun droit au respect, ni même qu’elle fait partie de la société. JAMAIS on l’a traitée aussi mal dans un commerce ! ». Elle appelle alors au boycott de l’enseigne Pimkie pour discrimination. Depuis, la publication de Sandrine est devenue virale, partagée près de 50.000 fois. 

L’enseigne Pimkie a réagi sur Messenger deux jours plus tard en évoquant "une terrible déconvenue". Puis constatant l’emballement sur les réseaux sociaux, le 24 septembre, l’enseigne publie sur Twitter un communiqué déplorant "le regrettable incident". "Nous tenions à nous excuser" peut-on lire dans ce communiqué. Excuses renouvelées de vive voix, au téléphone, à Sandrine N. de la part du leader France Pimkie. Et en partie acceptées.
 
Car Sandrine N., jointe ce mercredi par téléphone, n’est pour autant pas apaisée. « Ce n’est pas la première fois que ce genre de choses arrive dans des boutiques de vêtements, ma fille et sa sœur n’osent pas toujours se battre et faire face au refus des adultes de les aider à juste à accéder aux équipements en place. Cette fois-ci, au moins, j’étais là ».

Cette mère de famille a demandé que le personnel de Pimkie soit formé à l’accueil des clients handicapés et que sa fille, interne dans une école la semaine, puisse rencontrer à nouveau l’équipe du magasin Pimkie. Elle souhaite que les vendeuses s’excusent en personne devant Camille. « Une question de respect et de dignité », explique-t-elle.

Par ailleurs, sur le site Custplace, qui recueille les avis clients, "on n'a jamais vu un tel trafic", selon le responsable Nicolas Marette. Plusieurs milliers de consommateurs se sont exprimés, qualifiant cette affaire de "honteuse", "inadmissible", "navrante", "scandalisante" pour l'enseigne Pimkie. 

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