Professeur décapité : où en est l’enquête, cinq jours après la mort de Samuel Paty ?

Alors qu’est organisé ce mercredi un hommage national au professeur d’histoire-géographie qui enseignait à Conflans-Sainte-Honorine, les investigations se poursuivent pour tenter de déterminer de possibles complicités. On fait le point sur l’enquête.

Une photo de Samuel Paty, affichée à l’occasion de la marche blanche organisée en mémoire du professeur, mardi 20 octobre à Conflans-Sainte-Honorine.
Une photo de Samuel Paty, affichée à l’occasion de la marche blanche organisée en mémoire du professeur, mardi 20 octobre à Conflans-Sainte-Honorine. © Le Pictorium/Maxppp
Cinq jours après le meurtre de Samuel Paty, où en est l’enquête ? Alors qu’une conférence de presse du parquet national antiterroriste (Pnat) se tient ce mercredi à 15h, sept personnes – cinq adultes et deux mineurs – ont été déférées dans la nuit de mardi au mercredi, pour être présentées à un juge antiterroriste.

Mardi soir, neuf des 16 personnes qui étaient en garde à vue jusqu’ici ont été relâchées. Il s’agit – entre autres – de quatre membres de la famille de l’assaillant, de trois personnes mineures, et de la compagne du militant islamiste Abdelhakim Sefrioui. A ce stade, elles ne font pas l'objet de poursuites. Parmi les sept suspects restants, on compte notamment le parent d’élève de 48 ans qui avait appelé sur les réseaux sociaux à la mobilisation contre Samuel Paty, après son cours sur la liberté d’expression. Les enquêteurs travaillent entre autres sur des messages échangés sur WhatsApp entre ce père de famille et l’assaillant. Autre suspect : Abdelhakim Sefrioui. Le militant islamiste, connu du renseignement français, avait accompagné début octobre le parent d’élève au collège du Bois d'Aulne, dans le but de demander le renvoi de Samuel paty. Dans des vidéos, Abdelhakim Sefrioui avait aussi réclamé "la suspension immédiate de ce voyou", visant ainsi l’enseignant.

Après leur garde à vue, trois amis de l’assaillant ont également été déférés au pôle antiterroriste du tribunal de Paris. Ils sont soupçonnés de l’avoir aidé à mener son attaque au couteau.

Deux collégiens également présentés au juge

Deux collégiens, mineurs, ont également présentés au juge. Ces élèves auraient touchés de l’argent pour aider l’assaillant à repérer l’enseignant le jour des faits. Cet après-midi, le Parquet national antiterroriste a demandé le placement en détention de ces deux mineurs, a appris franceinfo de source judiciaire. Le Parquet confirme qu'avec l'excuse de minorité, ils encourent la moitié de la peine soit 15 à 20 ans. Ces deux mineurs, deux collégiens de 14 et 15 ans, sont soupçonnés d'avoir désigné l'enseignant à l'assaillant Abdoullakh Anzorov, en échange d'une somme d'argent de 300 à 350 euros.

Le parent d'élève ou Abdelhakim Sefrioui étaient-ils au courant des intentions du terroriste, avant son passage à l’acte ? Alors que les investigations se poursuivent pour tenter de déterminer de possibles complicités, il reste de nombreuses questions en suspens.

L'assaillant, un réfugié d'origine russe tchétchène âgé de 18 ans, a lui été tué par la police peu après la mort de Samuel Paty, vendredi dernier. Pour rappel, l’enseignant, âgé de 47 ans, a été décapité à proximité du collège du Bois d'Aulne, où il travaillait, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). A l’occasion de cours sur la liberté d'expression dispensés les 5 et 6 octobre dernier, le professeur avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves de 4e. Alors que des milliers de personnes ont participé mardi à une marche blanche en mémoire de Samuel Paty, une cérémonie d’hommage national est prévue ce mercredi à partir de 19h30 dans la cour de la Sorbonne, en présence d’Emmanuel Macron. Le président de la République doit également remettre la Légion d'honneur au professeur à titre postume, en présence de sa famille.
 
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