Hommage national à Samuel Paty : la Sorbonne, un symbole de la raison et du débat

Près de 400 personnes ont été invitées ce mercredi soir pour rendre un hommage national à Samuel Paty, à partir de 19h30 dans la cour de la Sorbonne. Un symbole de la connaissance, du raisonnement et du débat libre, comme l’explique l’historien Jacques Verger.

Pour accueillir l'hommage national, l'Elysée a choisi la Sorbonne, "monument symbolique de l'esprit des Lumières et du rayonnement culturel, littéraire et éducatif de la France".
Pour accueillir l'hommage national, l'Elysée a choisi la Sorbonne, "monument symbolique de l'esprit des Lumières et du rayonnement culturel, littéraire et éducatif de la France". © LOIC VENANCE / AFP
Marche blanche mardi à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), minute de silence sur les marches du Palais Bourbon… Les hommages à Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie décapité après avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves, se poursuivent ce mercredi soir à la Sorbonne, à Paris. Près de 400 personnes – dont une centaine d'élèves d'établissements franciliens – ont en effet été invitées pour participer à un hommage national, prévu à partir de 19h30 dans la cour d'honneur.

Emmanuel Macron devrait arriver un peu avant 19h30 pour remettre la Légion d'honneur à Samuel Paty en présence de sa famille, à titre posthume. Pour ce qui est du reste de la cérémonie, l'orchestre de la Garde républicaine et la maîtrise de Radio France interprèteront un chant après l'arrivée du cercueil. Des élèves et des enseignants liront également deux textes. Le président de la République prononcera ensuite un bref discours, suivi d'une minute de silence. En raison de l'événement, le site de la Sorbonne est entièrement fermé au public mardi et mercredi. "Durant ces deux jours l'ensemble du bâtiment est inaccessible aussi bien au personnel qu'aux usagers", explique l'université. "Seul le site de la Sorbonne "mère" est concerné, précise la faculté. Les autres sites (...) fonctionneront normalement." Le choix de l’université, préféré aux Invalides, a été fait "en accord avec la famille du défunt" selon l'Elysée. La présidence souligne que le lieu est un "monument symbolique de l'esprit des Lumières et du rayonnement culturel, littéraire et éducatif de la France" : "Temple de la connaissance, lieu historique de l'enseignement universitaire français, foyer du génie français, la Sorbonne à travers les siècles a toujours su être une tribune pour l'expression des libertés et des idées, un lieu qui aujourd'hui revêt une dimension symbolique forte".

La Sorbonne, un symbole de la connaissance et du débat mais aussi un lieu de diplomatie par le savoir

Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, la cour de la Sorbonne avait déjà été choisie pour une minute de silence, en mémoire des victimes. François Hollande voulait alors rendre hommage à la jeunesse et à la connaissance. En 1956 puis 1958, la cour avait aussi accueilli les obsèques nationales d’Irène et Frédéric Joliot-Curie.

La Sorbonne représente aussi un lieu de diplomatie par le savoir. Mikhaïl Gorbatchev et Nelson Mandela ont tous les deux été reçus, respectivement le 5 juillet 1898 et le 15 juillet 1996, dans ce lieu dédié à la connaissance et au débat depuis près depuis 800 ans.

A partir du moment où l’on se conforme aux règles de la raison, on peut discuter librement et la découverte se fait par le raisonnement. Et c’est ça qui est à la base de l’enseignement.

Jacques Verger, historien spécialiste du Moyen Âge

"L’idée, c’est quand même que l’on débat librement, que l’on peut discuter librement selon les règles de la raison, explique Jacques Verger, historien spécialiste du Moyen Âge, à France 3 Paris IDF. Et à partir du moment où l’on se conforme aux règles de la raison, on peut discuter librement et la découverte se fait par le raisonnement. Et c’est ça qui est à la base de l’enseignement. Et la Sorbonne doit encore symboliser cela aujourd’hui." Pour ce qui est de l’enquête, les investigations se poursuivent, cinq jours après la mort du professeur. Sept personnes – cinq adultes et deux mineurs – ont été déférées dans la nuit de mardi au mercredi, pour être présentées à un juge antiterroriste. Les gardes à vue de neuf autres personnes ont toutefois été levées mardi soir. A ce stade, elles ne font pas l'objet de poursuites.
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