Quartiers prioritaires : 150 maires interpellent Emmanuel Macron

Plus de 100 maires de toute la France ont signé une lettre ouverte adressée au chef de l'Etat pour dénoncer l'enterrement du plan Borloo. Ils demandent 1% du plan de relance de 100 milliards d'euros soit accordé aux quartiers défavorisés.

Des bénévoles de l'association MaMaMa lors d'une distribution de vêtements pour enfants début novembre à Saint-Denis.
Des bénévoles de l'association MaMaMa lors d'une distribution de vêtements pour enfants début novembre à Saint-Denis. © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
L'initiative fait mouche. Ils étaient 110 signataires lors de la parution de la lettre le vendredi 13 novembre. Depuis, ils sont plus de 150 élus ainsi que des représentants d'associations à l'avoir signée. Parmi eux, de nombreux maires d'Île-de-France de tous bords politiques.

Raphaël Cognet, maire (Divers droite) de Mantes-la-Jolie dans les Yvelines, Patrick Jarry, maire (Divers gauche) de Nanterre (Hauts-de-Seine), ou Abdel Sadi, maire (PCF) de Bobigny en Seine-Saint-Denis.

Lettre ouverte d'élus au président de la République

Cette lettre, intitulée "Lettre ouverte au Président de la République pour l’égalité républicaine de nos quartiers prioritaires" réunie ainsi de nombreux élus, pas uniquement de communes qui abritent des quartiers jugés difficiles.

"C'est un peu la double peine. Plus de besoins auxquels il faut répondre et moins de moyens pour le faire et des exigences qui sont totalement intenables pour les collectivités locales", explique Pierre Garzon, maire (PCF) de Villejuif dans le Val-de-Marne à France 2.  

"Les signaux sont au rouge"

Une lettre très critique du bilan du chef de l'État sur son abandon du plan Borloo auquel il avait demandé un rapport et des pistes pour les banlieues : "Au regard de la situation actuelle, force est de constater que l’ambition que vous aviez formulé de 'changer le visage de nos quartiers (…) d’ici la fin du quinquennat' a fait long feu."

Ainsi, selon les auteurs, "un autre virus se développe dans nos quartiers et même au-delà : celui du décrochage à la République" et "les signaux sont au rouge" comme la forte hausse de l'aide alimentaire, l'explosion du chômage ou des dossiers de RSA. Face à ce constat, ils demandent ainsi "que ce Plan de 100 milliards d’euros consacre et sanctuarise 1% pour les territoires en décrochage".

"À partir du moment où le président dit 'On va soutenir le pays quoiqu'il en coûte', on avait cru que cela s'adressait à tous. Ce n'est pas le cas", a affirmé Catherine Arenou, maire (Divers droite) de Chanteloup-les-Vignes dans les Yvelines à France Inter.

Où irait cet argent ? Ce sont des "exemples pris dans le plan Borloo mais pas par hasard, cela venait des solutions que nous avions travaillées tous ensemble. Les cités éducatives ont été l'occasion de ne pas perdre les enfants et les territoires qui s'en sont sortis un peu mieux qu'ailleurs. Il y a 1 300 territoires prioritaires. Si les maires sont volontaires pour porter ces actions-là, on y va et on met les moyens", a-t-elle détaillé.

À partir du moment où le président dit 'On va soutenir le pays quoiqu'il en coûte', on avait cru que cela s'adressait à tous. Ce n'est pas le cas.

Catherine Arenou, maire (DVD) de Chanteloup-les-Vignes

Les élus pourraient être reçus à l'Elysée

Suite à la parution de ce texte, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de recevoir ces élus.

"Le Président a bien reçu la lettre. Il partage les inquiétudes et les objectifs des signataires" et "demande au gouvernement de recevoir ces élus et de travailler avec eux", a indiqué l'Élysée à l'AFP, sans préciser de date à ce stade. De plus, Emmanuel Macron "tient à ce que France Relance soit au rendez-vous pour les quartiers populaires comme pour la ruralité".

Le programme de Jean-Louis Borloo pour les banlieues tenait en 48 mesures avec la création d'un fonds doté de 5 milliards d'euros, cinq fois plus que les 1 milliard d'euros demandés.
 
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