La ville de Versailles renonce au paiement des loyers et droits de terrasse le temps du confinement

Les commerçants des emplacements situés dans les halles du marché Notre-Dame vont aussi pouvoir bénéficier d'une exoneration des loyers jusqu'à la fin du confinement. / © Ville de Versailles / Marc’O Carion
Les commerçants des emplacements situés dans les halles du marché Notre-Dame vont aussi pouvoir bénéficier d'une exoneration des loyers jusqu'à la fin du confinement. / © Ville de Versailles / Marc’O Carion

Pour aider les commerces en difficulté à cause du confinement, le maire de Versailles renonce au paiement des loyers et des droits de terrasse jusqu’à leur réouverture.

Par Morgane Prevost

"C’est un bol d’oxygène", nous confie César Molina, propriétaire de quatre restaurants sur la place des manèges à Versailles. Il ne sera pas obligé de s’acquitter de la taxe sur les droits de terrasse pour les mois de confinement: "On paye plus de 10 000 € sur les quatre terrasses, donc c’est considérable." 

Le maire a décidé de renoncer aux droits de terrasse pour les 300 cafés et restaurants de la ville qui en possèdent. Afin d'aider les commerçants, la mairie a également supprimé les loyers des lieux commerciaux dont elle est propriétaire et ceux des emplacements extérieurs des commerçants de l’ensemble des cinq marchés. "C’est vraiment pour soutenir ces commerces essentiels pour la ville. Sans activité, leur situation financière est, pour nombre d’entre eux, devenue critique, notamment dans une ville comme Versailles, du fait du montant élevé des loyers», a indiqué François de Mazières, maire (DVD) de Versailles. La ville estime le manque à gagner à environ 500 000 euros.

Servir d’exemple aux bailleurs

Si l’exonération des droits des terrasses concernera une grande partie des restaurants, l’exonération des loyers ne concernera que quelques établissements dont la ville est propriétaire des locaux. "Il y a 1 600 commerçants à Versailles, la mesure ça va concerner une centaine de personnes et encore", affirme Philippe Chevreteau, président de l’Union versaillaise du commerce, de l’industrie et de l’artisanat (UVCIA). Il salue la démarche mais espère surtout qu’elle servira d’exemple aux bailleurs: "Si ça pouvait donner une dynamique au propriétaire individuel pour que les commerçants tiennent".

Le bailleur de César Molina lui a accordé un report des loyers mais le restaurateur espère surtout une annulation de son ardoise. "Je suis propriétaire de quatre établissements et on paye 10 000 € de loyer par restaurant et plus de 2 500 € de charges. Je ne vois pas comment je peux payer ces loyers avec zéro rentrée d’argent", assure-t-il.

Pour Philippe Chevreteau, tout le monde serait gagnant à faire preuve de solidarité. "C’est dans l’intérêt des propriétaires d’effacer un ou deux mois pour que le locataire perdure sinon ça va être des liquidations et ils devront attendre des mois avant de retrouver un locataire".
 

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