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Yvelines : 150 demandeurs d'asile tibétains évacués à Conflans-Sainte-Honorine

La police a demandé aux demandeurs d'asile tibétains de ranger leurs tentes et d'évacuer les bords de Seine. A 10h30, les berges étaient vides. / © R. Caldéran
La police a demandé aux demandeurs d'asile tibétains de ranger leurs tentes et d'évacuer les bords de Seine. A 10h30, les berges étaient vides. / © R. Caldéran

Le campement installé depuis 2 mois en bord de Seine, sous le pont de la N 184, a été évacué ce jeudi matin dans le calme. La police a demandé aux Tibétains de ranger leurs tentes et leur a donné l'adresse de centres d'accueil de jours spécialisés pour migrants à Paris.

 

Par Tania Watine

Les forces de l'ordre sont arrivées aux abords de la passerelle Saint Nicolas vers 7h30 ce jeudi 1er août. Les policiers de Conflans-Sainte-Honorine ont demandé aux 150 Tibétains présents d'évacuer leur campement. Dans le calme et l'incertitude du lendemain, ils ont plié leur précieuse tente Quechua et leurs quelques affaires.

La préfecture des Yvelines qui a ordonné l'évacuation "pour raison de sécurité" - car les tentes étaient sur les berges de Seine - leur a transmis à tous un papier. Dessus, pas d'offre de mise à l'abri, mais une adresse : celle de deux centres d'accueil de jour spécialisés pour migrants, l'un pour hommes à Denfert-Rochereau, l'autre pour femmes à Bastille.

"Ils ont peur d'aller sur Paris", s'inquiète Michelle Béharel de la Ligue des droits de l'homme. "Vous imaginez les femmes Porte de la Chapelle? C'est inimagineable", insiste la retraitée. Elle a des trémolos dans la voix, sous le choc de l'évacuation qui se déroule sous les yeux des militants du "Collectif de soutien aux demandeurs d'asiles de la Confluence".
 
Les 150 demandeurs d'asile ne savent pas où aller après leur évacuation. Le directeur de l'association "La Pierre Blanche" leur explique en anglais ce que la police a conseillé : aller à Paris dans un centre d'accueil de jour spécialisé qui les orientera. Mais beaucoup redoutent de dormir à Paris, surtout les femmes. / © R. Calderan
Les 150 demandeurs d'asile ne savent pas où aller après leur évacuation. Le directeur de l'association "La Pierre Blanche" leur explique en anglais ce que la police a conseillé : aller à Paris dans un centre d'accueil de jour spécialisé qui les orientera. Mais beaucoup redoutent de dormir à Paris, surtout les femmes. / © R. Calderan

"Nous n'avons pas le choix", se justifie Stéphane Grauvogel, sous-préfet des Yvelines, qui a ordonné l'évacuation :

Il faut que les Tibétains comprennent qu'à Conflans qu'il n'y a aucune solution. C'est l'OFII, Office Français de l'Immigration et de l'Intégration basé à Paris, qui gère les migrants.


"Depuis le mois de mars, les départements n'ont plus la main sur les offres d'hébergement, poursuit le sous-préfet qui affirme avoir procédé à 783 relogements dans son département depuis fin 2017. Tout est centralisé à Paris maintenant, pour gérer les hébergements de demandeurs d'asile au niveau national. Il y a de la place en province. Mais plus aucune en Ile de France, il faut que les Tibétains le comprennent."

 
La préfecture des Yvelines évacue régulièrement les campements de Tibétains pour éviter qu'ils ne grossissent car le bouche à oreille va vite. Depuis 2012, Conflans est devenu une halte pour de ces hommes et femmes qui, en général, obtiennent le statut de réfugié politique. / © M. Béharel
La préfecture des Yvelines évacue régulièrement les campements de Tibétains pour éviter qu'ils ne grossissent car le bouche à oreille va vite. Depuis 2012, Conflans est devenu une halte pour de ces hommes et femmes qui, en général, obtiennent le statut de réfugié politique. / © M. Béharel
Le campement de Conflans-Sainte-Honorine a démarré sur la rive gauche de la Seine fin mai, avec quelques tentes. Puis a grossi au fur et à mesure des jours pour rassembler environ 200 personnes, hommes et femmes. Un arrêté municipal d'expulsion avait été affiché à l'entrée de leur camp mi-juillet. Un collectif de soutien s'était ému de l'absence de mise à l'abri accompagnant cette demande d'évacuation.

Reportage avec les Tibétains avant leur évacuation des berges de Conflans-Sainte-Honorine (29 juillet 2019)
A Conflans, personne n'est dupe. Des Tibétains reviendront car ils ont peur de rester sur Paris et ne veulent pas forcément partir en province. "Nous sommes comme une famille, explique l'une d'elle. Nous avons vécu les mêmes drames au Tibet. A Conflans, on se retrouve sur la péniche (gérée par l'association "La pierre blanche"), on peut au moins se doucher et manger tous ensemble. "

Le collectif d'associations qui les soutient depuis des mois lance un appel à la solidarité. Si des citoyens peuvent héberger quelques demandeurs d'asile, "surtout les femmes" insiste Michelle Béharel, ils peuvent les contacter sur leur site.

Il n'y avait pas de famille avec enfants dans le campement de fortune. Elles logent sur la péniche "je sers" située sur la rive d'en face et qui dispose de quelques cabines et propose chaque jour repas et douche aux sans-abris grâce à l'association 'La pierre blanche".

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