Vendée Globe: la maîtrise des coûts un enjeu pour le futur

Les organisateurs du Vendée Globe réfléchissent, pour l'édition 2016, à maîtriser les dépenses engagées par les skippers en raison de la crise économique et financière qui affecte les budgets parrainage des entreprises

Quand la crise commence à s'inviter au Vendée Globe ...
Plusieurs participants ont eu du mal à boucler leur budget et certains, comme Yann Eliès, ont renoncé à s'aligner. "Vingt bateaux pour cette édition, c'est pas mal, mais c'est l'arbre qui cache la forêt. Beaucoup de sponsors pourraient se retirer après ce Vendée Globe", affirme ainsi Eliès.
"Aujourd'hui, avec la crise, je serais tenté de dire qu'il faut essayer de revenir à des choses qui coûtent un peu moins cher pour que la classe Imoca retrouve un second souffle", ajoute-t-il.
Eliès, qui avait dû abandonner sur le Vendée Globe 2008-2009, évoque "une sorte de fuite en avant technologique": "les budgets recherche et développement sont beaucoup trop importants, à mon avis". 
Le coût de construction d'un bateau et le budget de fonctionnement des équipes des skippers vont croissant, professionnalisation oblige, quel que soit le retour sur investissement pour les parraineurs.

Gros budgets pour vivre son rêve 
En tout, s'aligner sur le Vendée Globe coûte de 1 à 2,5 millions d'euros par an, tout compris, selon Luc Talbourdet, président de la classe Imoca. "La part du rêve" "Evidemment qu'on réfléchit à une maîtrise des coûts. On ne peut pas faire comme si de rien n'était. Ou la crise s'en ira, ou elle perdurera. Mais notre responsabilité est de prendre l'hypothèse la plus prudente", explique Bruno Retailleau, sénateur, président du Conseil général de Vendée et à ce titre président de la société organisatrice de l'épreuve. "Il y a une inflation des coûts à combattre. Il ne faut vraiment pas que cela devienne une affaire d'argent", souligne-t-il.

Une reflexion sur la réduction des coûts 
L'organisation réfléchit ainsi, avec la classe Imoca, à plusieurs pistes pour la prochaine édition: passer en monotypie, avec des bateaux strictement identiques, ou garder l'actuelle formule en ajoutant des contraintes de jauge sur la quille ou le mât, par exemple.
"Mais ce n'est pas simple", explique M. Retailleau. "Car il faut que la course reste ouverte à des PME sans tuer le mythe. Et, à côté des aventuriers qui veulent juste terminer, aux skippers venus pour gagner. L'élément technologique est important, car il faut intégrer la part du rêve dans le raisonnement financier", conclut-il.

Cependant le Vendée Globe souffre moins que d'autres courses
Le Vendée Globe, néanmoins, est moins touché que d'autres courses, qui ont dû réduire la voilure en 2012, comme le Tour de l'Europe ou la Solitaire du Figaro. 
"C'est un événement installé, organisé par un partenaire institutionnel qui protège d'une décision de retrait: le Conseil général ne peut se retirer de la course vu ce qu'elle représente pour le département, cela rassure les parraineurs".
"C'est plus qu'une course, un mythe, ce qui fait que pour les sponsors le levier est de 1 à 20 voire 1 à 30", renchérit M. Retailleau.
"Le Vendée Globe est médiatiquement reconnu, véhicule une bonne image et a un capital sympathie. On n'aurait pas investi sur un 60 pieds pour une Transat Jacques Vabre par exemple", reconnaît Aurélie Bourven, chef du projet sponsoring chez Savéol, qui parraine la Britannique Samantha Davies.
Le Vendée Globe est finalement comme les bateaux qui en prendront le départ: c'est en pleine tempête qu'on voit sa solidité.


( source AFP )
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