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Notre-Dame-des-Landes: la fin d'une illusion alternative

Les gendarmes de la brigade mobile ce matin / © Frank Perry/AFP
Les gendarmes de la brigade mobile ce matin / © Frank Perry/AFP

Depuis la manifestation de samedi et mis à part des gropuscules qui veulent en découdre, on avance vers une réflexion globale de ce que doit être la société de demain. Retour en arrière sur ce phénomène.

Par Evelyne Jousset

Union sacrée chez les opposants  
"C'était bien qu'ils nous expulsent, ça a resserré les liens entre les différents opposants : tout ce qui a été détruit a été refait... en double", se félicite Jérôme, un militant anti-aéroport installé depuis plus de trois ans sur la Zad, la zone d'aménagement différée réservée au futur aéroport. De quelque 150 "zadistes" qui habitaient déjà début octobre l'"un des plus grands squats à ciel ouvert d'Europe" selon leurs propres termes, les effectifs ont bondi à au moins 500 à la suite de la mobilisation qui rassemblé le 17 novembre sur place entre 13.000 (préfecture) et 40.000 personnes (organisateurs), venues de toute la France. Le long des routes, plus d'une centaine de véhicules de toutes sortes cohabitent : caravanes ou cars habitables, utilitaires d'entrepreneurs, voitures individuelles redécorées de motifs de lutte anti-nucléaire ou capitaliste, ou petites voitures de ville propres. Dans plusieurs champs, des campements de tentes, dont certains en comptent plusieurs dizaines.

Les petites fourmis en action 
Dans les chantiers où résonnent les coups de marteaux, on entend aussi des visseuses électriques et un groupe électrogène tourne. Aux commandes, visiblement, des "vrais" entrepreneurs du bâtiment. "Oui, certains ont pris deux semaines de vacances pour venir nous aider", reconnaît Michel Tarin, figure historique de la lutte. On pouvait dénombrer au moins autant de cabanes dans les arbres qu'avant, avec également une nouvelle maison sur deux étages. Pour autant, le reconstruction n'a pas concerné que les maisons: plus d'une dizaine de barricades, dont certaines très difficiles à escalader, se sont érigées en plusieurs point du bocage. Un tronçon de route "stratégique", proche des nouvelles zones de construction, est désormais barré de barricades. Même s'ils ont compliqué la donne des pouvoirs publics sur le plan juridique, les opposants savent que ces derniers peuvent ordonner à tout moment au moins l'évacuation d'une vieille ferme, le "Rosier", premier "squat" du mouvement à avoir été investi. Du coup, il est défendu aussi bien par les "zadistes", que par les agriculteurs qui y ont disposé leurs tracteurs tout autour.

Quelle société pour demain?  
Plutôt que de faire de la guérilla la principale information de cette actualité, il serait peut-être bon de réfléchir au pourquoi, 40 ans après le lancement de ce projet, l'on assiste à une telle opposition ? 
Pourquoi droite et gauche sont-ils partisans d'un aéroport dans cette zone perdue et isolée de Loire-Atlantique? 
Pourquoi le processus s'est accéléré ? 
Autant de questions, entre autres, qui mériteraient des analyses profondes. Auxquelles nous n'avons toujours pas assisté. 

Sur le terrain 
Pris par surprise et avec des gazs lacrymogènes, les quatteurs se disent déterminés à poursuivre. Ils comptent sur la mobilisation générale. 

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