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Château-Gontier : le groupe Rotters Damn en finale des Emergences et déjà dans les bacs

L'année 2015 sera-t-elle l'année des Rotters Damn ? Elle commence en tout cas plutôt pas mal pour le jeune groupe mayennais qui vient de sortir un nouvel EP, "Objections", et de gagner sa place pour la finale du tremplin des Emergences. Rencontre...

Par Eric Guillaud

Ils étaient 34 au départ, ils ne sont plus que 4 à l'arrivée. Enfin pas tout à fait à l'arrivée car il reste une étape essentielle pour gagner les Émergences 2015, la finale qui se jouera samedi prochain aux Ondines à Changé.

Les Emergences, késako ? Pour faire simple et court, il s'agit tout simplement d'un dispositif de repérage et d'accompagnement coordonné par un collectif de structures culturelles mayennaises et s'adressant aux musiciens et groupes de musiques actuelles. Un tremplin en somme qui permet à l'heureux lauréat de bénéficier d'un accompagnement digne de ce nom (enregistrement, résidence, communication...).

Parmi les lauréats des éditions antérieures : Babel, John Doe’s Unbelievable Suicide, Mad Lenoir, Throw me off the bridge...

Et en 2015 ? Mystère mais les Rotters Damn se sont jetés dans l'aventure avec passion et pourraient bien créer la surprise. Le groupe est jeune, quatre ans d'existence, mais déjà propriétaire d'un EP cinq titres à classer quelques part entre le rock cantesque et le folk-country fiévreux. Un jeu puissant, une voix qui embarque au delà de nos horizons, des rythmiques et des mélodies qui vous restent dans la tête et dans les jambes pour l'éternité ou presque... Attention les filles - et les garçons - Rotters Damn, c'est ça...
Rotters Damn - Fight & Prayers (Official Video)

Rotters Damn, c'est quatre garçons : Timothée au chant, Nicolas à la guitare, Antoine à la basse, Corentin à la batterie.

Avant la finale du 28 février qui les verra s'opposer à Fawkes, Keep Travelling et Angry Beards Duo, les Rotters Damn ont accepté de répondre à nos questions. Et c'est Timothée Gigan Sanchez, le chanteur, qui s'y est collé de bon coeur...

Bonjour Timothée, c'est facile de faire du rock à Château-Gontier ?

Timothée. C’est sûr qu’on ne vient pas d’une grande ville : moins de lieux pour répéter, moins d’endroits où jouer. Mais ça n’a jamais été un problème pour nous. C’est même une chance – on est plutôt bien entourés – et une fierté. Partout, on peut faire du folk-rock. Et à ceux qui en douteraient encore : la Mayenne, ça bouge niveau musiques actuelles !


Quel artiste, chanson ou album vous a donné envie de faire de la musique?

Timothée. Je ne parle, ici, pas au nom des gars car on a tous nos appétences particulières. Pour ma part, il n’y a pas un nom plus qu’un autre. Mais s’il faut citer un artiste, une chanson ou un album qui m’ont donné envie de chanter, en vrac et à l’instinct : Julien Doré, Stand by Me (de Ben E. King) et Space Oddity (de Bowie).


Quelles sont vos influences ?

Timothée. Je parle encore en mon nom ? Il y a la sincérité de Glen Hansard, l’univers de Bowie, la beauté de Ben Harper, la musicalité de Kirk Franklin, l’essence de Stranded Horse, les paroles de Bob Dylan, la franchise de Babel ou Cantat, l’exotisme de Joaquín Sabina, la folk de Bon Iver, la présence de Nick Cave... Et cætera.
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Pourquoi ce nom : Rotters Damn ?

Timothée. On causait voyage, vagabondage, de pleins de choses. On avait aussi rencontré un Hollandais hyper sympa. Et c’était le tout début du groupe. On a causé de Brel, d’Amsterdam. On y était jamais allés. Mais la référence à l’interprétation musicale était belle. Pas loin d’Amsterdam, y avait notre nom. En deux mots. « Damn » voulant dire « fichus », ça nous allait bien.

Et pourquoi ce titre, "Objections", pour votre 2e EP ?

Timothée. La pochette de l’EP a été réalisée par des copains : le photographe Florian Renault et la graphiste Nina Lavalise. On cherchait une idée de visuel, les objets sont venus. On a trouvé deux objets antagoniques pour chacune de nos cinq chansons. On les a mis en scène, sur le livret. Le titre « Objections » est arrivé après. Les objets ayant pris grand place dans la visualisation du disque. Et « Objections », ça correspond bien à notre musique : des cris, des plaintes, des envies...
Rotters Damn - Kora Boy (home live)

Vos textes sont tous en anglais. Est-ce par facilité ou par choix ?

Timothée. Par choix. Pour le projet Rotters Damn, l’anglais s’est imposé de lui-même. Parce qu’il correspond, dans notre tête, à la musique qu’on fait. Il sonne la folk qu’on veut créer. En tout cas, pour le moment.


Que raconte le titre "Fight & Prayers" ?

Timothée. Cette question est intéressante car peu sont ceux qui s’y intéressent. Je l’ai écrite en avril 2014, on l’avait composé juste avant. C’était au sortir d’une période un peu glauque, en France, un peu crasseuse et mauvaise. Elle parle de la violence des mots et des actes. De la bêtise de certaines gens plus ou moins proches mais qui s’éloignent de nous par leur idiotie, leur vanité et leurs préjugés. Qui nous mettent en colère. Il est presque chiant de se dire que cette chanson reste plus que jamais d’actualité.


Quatre ans d'existence, deux EP, pas mal de scènes... Rotters Damn commence à ressembler à ce que vous imaginiez ?

Timothée. On ne sait pas car on n’a pas de plan de carrière. On marche à l’instinct, au sens, aux conseils, aux hauts et aux bas, à l’amitié, à l’entourage, au plaisir. Et, en temps voulus, on verra ce qui se passera.


Quel commentaire vous suggère cette vidéo ?

Détroit - Live Deezer Session (Horizons)

Timothée. Je l’avais regardée le jour de sa sortie. « L’éternité nous appartient, chaque seconde la contient. » Tout est dit. Qui aurait cru revoir Cantat, sur scène. On l’a vu, tous les quatre, au festival Les 3 Éléphants. Ça nous a scotché de sincérité. Le gars est comme il est. Mais l’interprète, poussé par le Pascal Humbert des 16 Horsepower : quel talent et quelle singularité. Comme Ferré. « Souvent imité, jamais égalé. » C’est ça qu’on dit ? Pis le violon, c’est beau.

Et celle-ci ?

La Maison Tellier - Sur un volcan
Timothée. Je les ai vus, l’été dernier, à La Roche-sur-Yon. Leur musique est insolente d’universalité, je dirais. Eux aussi, d’ailleurs. Il y a tout : la mélodie, la mélancolie, la gaieté, la fougue, la collégialité. On est obligés de bouger la tête. Le ventre se mouve et les sens s’éveillent. C’est ça La Maison Tellier. Et en français, de surcroît.

Votre coup de cœur du moment ?

Timothée. En musique : Feu! Chatterton. Les mecs sont sympas et leur rock littéraire change de ce qu’on peut entendre. Ça fait du bien de retrouver des histoires à écouter, chantées et jouées. Sinon, niveau bouquin, j’ai relu la BD « Daytripper », de Gabriel Bà et Fàbio Moon. Sublime vision de la vie.
Feu! Chatterton // La Malinche

Que vous a et que peut encore vous apporter cette participation aux Emergences ?

Timothée. On a découvert quelques beaux projets et gens. On a pu jouer dans de belles salles, avec des techniciens vraiment chouettes. Puis, on a eu des retours positifs de professionnels. Ça, c’est déjà ce qu’on a eu. Maintenant, on va être accompagnés, comme chacun des finalistes, et bénéficier d’un regard extérieur sur notre travail. C’est ce qu’il faut : ne pas s’enfermer dans une bulle imperméable et prendre tout ce qui vient, le bien comme le moins bon.

Quels sont vos projets ?

Timothée. On va jouer, le plus possible, et voir ce que ça donne. On aimerait bien tourner un vrai clip. Surtout, on veut composer de nouvelles choses. Notre projet ? C’est de continuer, de gagner encore en cohésion et de tendre vers le mieux.

Merci les Rotters Damn, merci Timothée et bonne chance

Pour suivre le groupe, c'est ici et , un peu aussi...
Rotters Damn "Take shelter"

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