8 mars : à Nantes, deux manifestations pour les droits des femmes sous les lacrymogènes

À l'occasion de la journée internationale des droits de la femme, plusieurs marches étaient organisées dans la région. Au Mans, la manifestation était dédiée à Aïcha Diallo, probablement tuée par son compagnon. À Nantes, les forces de l'ordre sont intervenues sur les deux cortèges du week-end.
À Nantes, dimanche 8 mars, un rassemblement avait lieu place Graslin avant une manifestation pour défendre les droits des femmes.
À Nantes, dimanche 8 mars, un rassemblement avait lieu place Graslin avant une manifestation pour défendre les droits des femmes. © Sandrine Gadet
Sous les sourires, la détermination. Sur les pancartes, des slogans crus et des mots sans appel pour dénoncer toutes les violences sexistes. À Nantes, un rassemblement, dimanche après-midi, était suivi d'une marche pour réclamer l'égalité des droits, la fin du harcèlement de rue ou des viols impunis.

Une manifestation perturbée à partir de 17 heures par des tirs de lacrymogènes au niveau du tramway Duchesse Anne, apparemment pour mettre un terme au cortège. "Ma fille a failli recevoir une grenade sur la tête", nous écrit l'une des participantes choquée par cet usage de la force alors qu'il y avait des enfants.

À Nantes, cortège nocturne et gaz lacrymogènes

Scénario similaire pour l'autre marche nantaise, nocturne et en non mixité organisée samedi soir. Les manifestantes revendiquaient à Nantes, le droit pour les femmes à occuper l'espace public sans être importunées. Soirée marquée par l'intervention des forces de l'ordre qui ont tenté de bloquer le cortège.

" C'est quand on est passées près de la préfecture qu'on a vu arriver les forces de l'ordre, en nombre. Puis au niveau du cours Saint-Pierre, sans aucune explication, les CRS nous ont interdit d'aller plus loin. Alors qu'on manifestait justement pour ça. Réoccuper l'espace public, et particulièrement la nuit." explique Louise Gury, secrétaire de Sud Education 44, qui a ensuite filmé l'usage des gaz lacrymogènes.
 
À Nantes, la manifestation nocturne sous les lacrymogènes


Selon la militante, le blocage aurait duré une demi-heure environ, décourageant certaines participantes à la marche nocturne. Puis les CRS ont finalement laissé passer le reste du cortège, strictement encadré, et sans accès aux petites rues du centre-ville où les femmes voulaient par leur présence, signifier leur droit à se promener la nuit, sans être importunées.

Sur les réseaux sociaux, le média Nantes Révoltée rapporte des tags et des collages, ainsi qu'une effigie, pendue aux grilles de la préfecture avant d'être brûlée.

La manifestation nocturne s'est achevée vers 22 heures.
 

Le Mans : marche blanche contre un féminicide


Au Mans, beaucoup d'émotion pour un défilé qui s'est transformé en marche blanche. Lundi 02 mars, Aïcha Diallo, 25 ans, était tuée à coups de couteau par son compagnon. La victime laisse derrière elle deux fillettes, âgées de 2 et de 4 ans, son meurtrier a pris la fuite après son geste.

 

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